New-Tech C’était l’annonce de la semaine. Personne ne doute que les iPhone 6 et 6 Plus, dévoilés mardi dernier par Apple et commercialisés en Belgique dès le 26 septembre, sont d’excellents smartphones

Néanmoins, même la base la plus fanatique de la Pomme semble s’interroger sur l’attrait réel, de ces "nouveautés". Le point sur les trois raisons de la discorde autour des iPhone 6.

1. L’ÉCRAN

Passons sur l’entrée en matière d’Apple sur le secteur des smartphones à grands (l’iPhone 6) voire très grands (le 6 Plus) écrans, que Steve Jobs moquait encore avant sa mort. Oublions la taille, concentrons-nous sur la qualité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour un smartphone positionné dans le segment premium, inaccessible (nu) en deçà des 699 €, l’iPhone 6 dispose d’un des écrans, sur papier, les moins performants de sa caste. Même s’il est renommé Retina HD, l’écran de l’iPhone 6, dans sa déclinaison 4,7 pouces, plafonne ainsi à une résolution de 1334x750 pixels, en 326 pixels par pouce. Samsung Galaxy S5 ? Écran Full HD, à 1920x 1080 pixels, et une densité de 432 pixels par pouce. HTC One M8 ? Itou, Full HD, et 441 points par pouce. Sony Xperia Z3 ? Idem, en 424 pixels par pouce. Et tous ces écrans, en plus d’être plus grands que celui de l’iPhone 6 (5 pouces minimum), sont également montés sur un mobile moins cher…

Quid de l’iPhone 6 Plus ? Comparons des pommes avec… des pommes. Le 6 Plus est une phablette récente, comme le sont deux propositions Android tout aussi chaudes : le Samsung Galaxy Note 4 et l’Ascend Mate 7 de Huawei. Le premier, pour 50 € de moins, embarque un écran 5,6 pouces Quad HD, d’une résolution de 2560 x 1440 pixels, à 515 points par pouce. On n’est donc pas un, mais bien deux crans plus loin que l’écran de l’iPhone 6 Plus, qui se contente du Full HD, et de 401 ppp. Le Mate 7, vendu presque deux fois moins cher (499 €), sur 6 pouces, étale du Full HD, comme l’iPhone 6 Plus, à une densité certes inférieure (368 ppp), mais pas handicapante pour autant…

CONCLUSION : Ne vous faites pas piéger par le discours marketing, les écrans montés sur les iPhone 6, bien que majestueux, ne sont absolument pas à la pointe de la technologie disponible sur le marché...


2. L’APPAREIL PHOTO

Tout le monde s’attendait à un upgrade de l’appareil photo de l’iPhone. Verdict : comme depuis l’iPhone 4S, les iPhone 6 et 6 Plus plafonnent toujours à 8 Mégapixels. Nous sommes d’accord : la course au Mégapixel tend trop souvent à la course au marketing, sans usage réel pour l’utilisateur. Mais tout de même : un nombre élevé de Mégapixels permet un confort de zoom/dézoom, et de recadrage appréciable. Si TOUTE la concurrence est passée à des capteurs de 12, 13, 16 voire 20,7 Mégapixels, ce n’est pas juste le fait du hasard...

Par ailleurs, la stabilisation optique, qui permet d’annihiler les effets de tremblement, n’est intégrée qu’à l’iPhone 6 Plus, ce qui relève légèrement de la mesquinerie, là où beaucoup d’équivalents du 6 classique l’intègrent. Côté optique, sur le papier, cela ne bouge pas trop non plus : puisqu’on retrouve un bloc en 5 éléments avec un diaphragme ouvrant à f/2.2. Pour la caméra frontale, alors que tous les rivaux mettent le paquet, surfant sur le phénomène selfie, elle n’évolue pas sur les iPhone 6 : on reste sur un capteur 1,2 Mpix (1280 x 960 pixels) et une optique qui ouvre à f/2.2 elle aussi.

CONCLUSION : Relativisons. L’iPhone a toujours fait, et fera toujours, d’excellentes photos. Mais les évolutions, par rapport au 5S, sont ici minimes. Apple l’a joué en mode feignasse sur ce plan, il faut l’écrire.


3. L’AUTONOMIE

La faible autonomie de la batterie, voilà peut-être le premier critère de rouspétance des possesseurs d’iPhone, aussi vaste soit le culte qu’ils vouent à la Pomme. Un critère vraiment TRÈS important, dans nos vies quotidiennes qui commencent de plus en plus tôt et finissent de plus en plus tard. Alors que la rumeur vendait la potentialité d’une autonomie révolutionnée, voire une recharge d’appoint solaire et la recharge par induction, en vrai, rien de tout cela !

À première vue, pour autant que l’on croie les affirmations d’Apple, en consommation vidéo uniquement, l’iPhone 6 devrait bénéficier d’une autonomie supplémentaire d’une heure, là où l’iPhone 6 Plus serait deux heures plus endurant qu’un iPhone 5S fichtrement vite à bout de souffle. En 4G, l’iPhone 5S tenait 10 heures (officielles). Le 6 ? Toujours 10 heures, et le 6 Plus grimpe jusqu’à 12. Mais cela, c’est en se basant sur les chiffres issus des labos de Cupertino, et l’usage nous a prouvé à quel point ils étaient optimistes…

CONCLUSION : L’autonomie des iPhone 6 sera soit identique, soit légèrement meilleure que celle, catastrophique, du 5S. Certes, les écrans sont plus grands, donc plus énergivores, et le processeur A8 (et son coprocesseur M8) plus puissants. Il est difficile de concilier autonomie et performance, on sait, c’est même le casse-tête du secteur. Mais même, cela reste juste. D’autant qu’Apple ne propose pas, à l’inverse de ses rivaux, de Mode Super Économie d’Énergie, permettant de sauvegarder les derniers % de jus restants, quitte à passer à un écran noir et blanc, ne recevant que les appels et SMS. Mais nous sommes en 2014. D’une marque comme Apple, à ce tarif, le travailleur qui part de chez lui à 7h20 du matin est en droit d’attendre que son iPhone ne le lâche pas à 19 h. Ce n’est manifestement pas encore pour cette année.


4. L’INTERFACE “RANGÉE D’ICÔNES”

Entendons-nous bien : la maîtrise totale du couple hardware-software donne à Apple un indéniable avantage sur les terminaux Android. Android, c’est un système, conçu par un acteur (Google), pour des milliers d’appareils différents. iOS, c’est un système, conçu par un acteur (Apple) pour la petite dizaine de produits de ce même acteur. En termes de stabilité, de réactivité, de fluidité, d’ adaptative design des apps, personne ne fait mieux. Mais, alors qu’iOS 8 nous arrive après-demain, la question nous taraude : l’interface générale d’iOS, et ses rangées d’icônes, principe inchangé depuis l’iPhone Edge de 2007, n’a-t-elle pas vécu ? Les tuiles Windows Phone, les Widgets Android, ont apporté dynamisme et facilité dans la manière de manipuler un smartphone. Combien de temps Apple peut-il continuer avec le sempiternel même modus operandi ?

CONCLUSION : Si la résolution de l’écran, le contraste et le design des icônes ont changé, les apps se présentent depuis... toujours de la même manière sur l’iPhone, depuis 2007. Si cela a l’avantage de mettre tous les utilisateurs dans une situation confortable, le spectre de la lassitude, surtout au vu des évolutions de la concurrence, s’approche d’année en année.


699 €

Le prix d’entrée de l’iPhone 6, 16 Go. Il s’aligne exactement sur celui de l’iPhone 5S à sa sortie. La version 32 Go disparaît, le 64 Go coûte donc autant (799 €) que le 5S 32 Go il y a un an. En revanche, l’iPhone 6 Plus 128 Go explose les compteurs : 999 € !