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Ce lundi est lancé la troisième édition du Women Code Festival. Avec un objectif : inciter les femmes à se lancer dans des carrières scientifiques et informatiques.

"Il est important de montrer les femmes scientifiques. Celles qui sont dans les universités, les entreprises, dans l’informatique comme dans les sciences”. Loubna Azghoud expose avec détermination et envie les ambitions de la troisième édition du Women Code Festival, dont elle est la responsable. Cette année, l’événement a pour thème les femmes qui ont joué un rôle capital pour envoyer le premier homme sur la Lune le 21 juillet 1969. Parmi elles, Margaret Hamilton et Katherine Johnson.

L’objectif du Women Code Festival est de “démystifier le codage et la technologie”. Beaucoup de femmes n’osent pas se lancer dans des carrières où il faut travailler avec des chiffres et des données. Elles se censurent. “C’est avant tout culturel. En Occident, il y a un pré-conditionnement des rôles du masculin et du féminin qui sont très tôt disséminés”. Selon l’Institut Bruxellois de Statistiques et d’Analyse (IBSA), seulement 8 % des filles sont inscrites dans des écoles informatiques contre 75 % dans les écoles consacrées à la santé et au social à Bruxelles.

"Les femmes ayant participé à l'histoire de la science ont été gommées"

Il y a deux ans, Elisa Della Faille entreprend une formation à l’école BeCode dans la capitale. Durant sept mois, elle apprend à coder. Sa classe dénombre environ 20 % de filles de tout âge : de la vingtaine à la quarantaine passée. Elisa s’est répétée la fameuse petite phrase “je ne peux pas me lancer dans le code parce que je suis une fille”. Et puis, elle a osé. “J’ai toujours été la personne qui aimait être sur son ordinateur, qui appréciait les cours d’informatique. J’allais toujours plus loin, mais à aucun moment je me suis dit que je pouvais en faire mon métier. Jusqu’au jour où j’ai commencé ma formation. Je me suis prise au jeu”. Âgée de 27 ans, Elisa travaille aujourd’hui comme product owner au sein d’un groupe financier à Bruxelles. “Je suis le point de contact entre le business et le développeur pour mieux comprendre les besoins des utilisateurs et les rendre clairs pour l’équipe”. Elle ne code plus, mais affirme que c’est grâce à cette compétence qu’elle occupe ce poste. "Apprendre à coder a été important pour le développement de ma carrière".

Développeur web, webmaster, ingénieur, les débouchés dans le codage sont nombreux. “C’est ce qui m’a aussi motivé à me lancer. La technologie est installée. Elle n’est pas près de partir” souligne Elisa Della Faille. Reste encore à trouver des modèles féminins. “Les femmes ayant participé aux avancées de la science et de la technologie, comme Ada Lovelace qui a été la première codeuse au monde, ont été gommées de l’histoire. Les femmes doivent être mise à l’honneur. Les plus jeunes pourront alors s’identifier et se dire que c’est possible” insiste Loubna Azghoud.


Pendant une semaine, le Women Code Festival propose justement au public de rencontrer ces femmes qui ont réussi dans des domaines que l’on assimile, à tort, aux hommes. “Il faut qu’on les rende accessibles” déclare Loubna Azghoud. “C’est une amie qui a été mon modèle. Elle a étudié l’économie et l’informatique. Je me suis dit, elle l’a fait, alors pourquoi pas moi  !” sourit Elisa Della Faille.

Le programme du Women Code Festival :

Durant sept jours, le Women Code Festival propose des ateliers, conférences et projections pour sensibiliser le grand public à la place des femmes dans les sciences et le code. La cérémonie d’ouverture a lieu ce lundi 6 octobre au Musée des Sciences Naturelles de Bruxelles à partir de 14 heures. Parmi les activités proposées, des entrepreneuses présenteront leur projet pendant quelques minutes devant le public et un jury le mardi 8 octobre. Le vendredi 11 octobre se tiendra la Moon Game Night, une soirée pour découvrir plusieurs jeux tech et rencontrer des femmes développeuses. Les petits sont aussi les bienvenus. Le samedi 12 octobre, ils pourront apprendre les bases de l’informatique en construisant eux-mêmes un ordinateur pièce par pièce. Aux côtés de leurs parents, ils pourront créer leur première page web. Les femmes sont à l’honneur, mais les hommes sont aussi les bienvenus. “20 % participent au Women Code Festival” avance Loubna Azghoud, responsable de l’événement. “Créer un environnement et un écosystème favorables passe par l’entraide entre les hommes et les femmes”.

Pour plus d'informations : www.womenintech.brussels