New-Tech

Bien que le marché du smartphone périclite, l'écosystème qui gravite autour se porte à merveille : accessoires (5,8 par Belge !), jeux mobiles (la moitié de la population y joue), réseaux sociaux (64% des Belges plébiscitent Facebook, toujours devant Instagram) achats m-commerce convainquent chaque année davantage d'adeptes...

Photographie réputée du marché et de l'usage des technologies mobiles, l'enquête Deloitte Global Mobile Consumer Survey, sur laquelle La DH a pu jeter un oeil en primeur, a sondé 2.000 répondants Belges âgés de 18-75 ans. Quelle attitude adoptent-ils vis-à-vis de leur smartphone ? Sont ils, toujours, les dociles victimes d'un cycle d'achat et de rééquipement frénétique ? Réseautent-ils plus sur Instagram ou Facebook ? Qui des hommes ou des femmes s'adonnent le plus aux jeux mobiles ?

Le smartphone cale, les accessoires prennent la relève

Alors qu'en Belgique 74% de la population disposait d'un smartphone en 2016, trois ans plus tard, ce chiffre a fort logiquement grimpé jusqu'à atteindre 88%. Il s'agit d'un "plateau", et cette proportion est destinée à rester stable, voire à croître très légèrement, mais certainement plus à exploser comme à l'aube des années 2010. Ce même plateau, voilà désormais des années qu'il est atteint en ce qui concerne la possession de laptops (83%) et de tablettes (un peu plus d'un Belge sur deux), marché plat comme une limande depuis plusieurs années.

Cette tendance, globalisée dans les pays développés, n'a rien de surprenant. Mais elle s'accompagne d'une courbe, dégringolante, qui ne fait pas l'affaire des constructeurs de smartphones : depuis 2016, le taux de rééquipement s'écroule. Il y a trois ans, 62% des Belges sondés déclaraient avoir acquis un nouveau smartphone dans les 18 mois écoulés. En 2019, ils ne sont plus que 50% à l'avoir fait. On garde donc nos smartphones plus longtemps, notamment parce que le prix médian des smartphones, tracté par la premiumisation, a augmenté, mais, aussi, et ce n'est pas à négliger, parce que les smartphones ne présentent plus d'innovation majeure et pousse-à-l'achat...

Il est en revanche un sous-segment du marché du smartphone qui se porte très bien, et prend un peu le relais : celui des accessoires pour smartphones. Les Belges en possèdent, en moyenne, 5,8 par mobile. Et jusqu'à huit chez les plus jeunes. Connectés, ou non. Coques de protection (capable de recharger le smartphone ou non), chargeurs (sans-fil ou avec), écouteurs (wireless ou pas), enceintes Bluetooth, protecteur d'écran (en verre trempé ou non, Power Bank comptent parmi les incontournables du genre. Il y a une logique entre un prix médian en hausse et l’essor de smartphones plus fins et légers, usant de matériaux nobles mais fragiles, que le consommateur aura évidemment tendance à mieux protéger qu’un 3310 increvable de la belle époque...

Tendance dans la tendance : les dispositifs connectés à porter sur soi sont également en bonne... santé, puisque près d'un Belge sur 4 dit en posséder un (22% de la population sondée). On parle, ici, essentiellement des montres connnectées et autres bracelets traqueurs d'activité type Fitbit.

Ce que les Belges font vraiment sur leur smartphone

Avec un taux d'utilisation quotidienne de 93 %, le smartphone reste évidemment l'appareil-roi. Mais quel usage en fait le Belge ? Tiercé dans l'ordre : parcourir chaque jour l'actualité (plus d'un tiers s'y adonne chaque jour), regarder de courtes vidéos ou des publications en direct (20% de la population) et, enfin, visualisation de vidéos sur des réseaux de messagerie instantanée type Whatsapp ou Messenger.

Côté réseaux sociaux, l'enquête de Deloitte Belgique surligne à nouveau la très puissante pénétration de Facebook en Belgique.  "Facebook demeure la plateforme de communication la plus populaire, toutes tranches d'âge confondues, avec un taux d'utilisation quotidienne de 64 %, suivi d'Instagram et de Snapchat", constate Vincent Fosty, expert Deloitte.

En 2019, 63 % des utilisateurs de smartphones ont acheté un produit ou service avec leur téléphone. Quarante-cinq pourcent des personnes interrogées ont acheté des vêtements, des chaussures et des accessoires, suivis de près par les billets pour des événements (44 %). Les accessoires pour smartphones et les vacances/voyages occupent la troisième marche du podium, avec 43 %.

Jeux sur smartphone : en plein boom, les femmes d'abord, y compris au... restaurant

Plus de 70 % des 18-24 ans jouent à des jeux sur leur smartphone, contre 64 % pour les 25-34 ans et 54 % pour les 35-44 ans. Le nombre de joueurs sur smartphone a enregistré une hausse de 9 % par rapport à 2018. D’ailleurs, le pourcentage de femmes jouant à des jeux sur leur smartphone (52%) est plus élevé que celui des hommes (48%).

"La moitié des propriétaires de smartphones jouent à des jeux sur leur appareil. Plus ils sont jeunes, plus ils jouent. La Belgique compte 4,2 millions de joueurs actifs, qui ont dépensé 302 millions d'euros dans des jeux en 2017, d'après les estimations. Notre pays se classe en 31e position sur la liste des plus grands marchés de jeux au monde ", note encore Vincent Fosty.

Les joueurs belges sur mobile jouent à différents moments de la journée, mais dans plus de la moitié des cas lorsqu'ils se détendent à la maison. Environ un tiers des joueurs jouent pendant les trajets quotidiens. Plus surprenant sans doute, 28 % jouent en regardant la télévision et 4 % au restaurant.

Seuls 29 % des joueurs sur mobile dépensent de l'argent dans des jeux, le plus souvent via des paiements effectués depuis l'application. 16 % seulement dépensent plus d'1 euro par mois, et 5 %, plus de 20 euros par mois.