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Les utilisateurs professionnels de drones sont désormais obligés de notifier leurs vols aux autorités via l'application mobile Droneguide, dont une nouvelle version à leur attention sera lancée samedi. 

Il s'agit d'une première mondiale, selon Skeyes, la société chargée du contrôle de l'espace aérien en Belgique, et le SPF Mobilité et Transports, à l'initiative de cette plateforme. En un an et demi, quelque 16.000 vols commerciaux, par exemple pour inspecter des bâtiments ou prendre des images aériennes, ont déjà été recensés, soit une moyenne d'un petit millier par mois. Une première version de l'application et un site web (droneguide.be) avaient ainsi été lancés en mars 2018, à l'attention des utilisateurs récréatifs. Elle ne contenait cependant que la réglementation et les informations utiles pour l'utilisation de leur appareil volant, comme les endroits où il est autorisé ou non de voler.

Jusqu'à présent, les utilisateurs professionnels de drones - qui utilisent un appareil de plus de 5 kg ou volant au-delà de 45 mètres de haut (des vols de classe 1) - notifiaient leurs vols via un formulaire en ligne. Les demandes de dérogation, lorsque le drone vole au-dessus de 90 mètres de haut ou dans des zones interdites, comme près d'un aéroport, devaient même être envoyées par e-mail. Dorénavant, les deux actions se dérouleront obligatoirement via l'application, dont une nouvelle version a été lancée à leur attention.

Les opérateurs professionnels, dits de classe 1 (A et B), soit 1.722 télépilotes détenteurs d'une licence, y retrouveront toutes les fonctionnalités dont ils ont besoin pour planifier et gérer leurs vols. Ils peuvent s'enregistrer via le site droneguide.be, faire des notifications de vol et obtenir les données nécessaires. Ils obtiennent ensuite une validation des autorités, à qui ils doivent aussi notifier leur vol.

En un an et demi, 16.000 vols commerciaux, réalisés au moyen de 2.909 drones enregistrés, ont déjà été recensés. Et la croissance en la matière devrait être exponentielle dans les années à venir, prédisent Skeyes et le SPF Mobilité et Transports. Des règles européennes plus souples en la matière devraient en effet entrer en vigueur en 2020.

Cette simplification était nécessaire car de plus en plus d'entreprises se montrent intéressées par cette technologie. Le 25 septembre prochain, un premier vol test sera réalisé à Anvers afin notamment de transporter des échantillons sanguins entre deux hôpitaux.

De leur côté, les autorités, et donc les contrôleurs aériens, reçoivent désormais un aperçu de toutes les opérations planifiées et voient sur la carte toutes les opérations actives, y compris celles qui sont sur le point de démarrer. "Cela leur fait gagner du temps et leur permet de se concentrer sur la sécurité", a justifié le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot. "Le défi pour la navigation aérienne est d'intégrer ce trafic à court terme au trafic classique", abonde Johan Decuyper, administrateur délégué de Skeyes.

Un système est d'ailleurs en cours d'élaboration afin de détecter les vols de drones qui n'auraient pas été annoncés.

Les opérateurs de classe 2 peuvent, eux aussi, planifier leurs vols via l'outil. Ils ne sont par contre pas obligés de faire une demande de vol ou de notifier leurs vols.

Enfin, rien ne change pour les utilisateurs récréatifs de drones (jusqu'à 10 mètres de haut), qui ne doivent pas signaler les vols. Certaines zones leur sont toutefois toujours interdites, même dans leur propre jardin. Ils pourront le vérifier via l'application.