Après une année 2020 marquée par la crise du coronavirus et la fermeture de nombreux magasins pendant plusieurs semaines, les principaux fabricants chinois de smartphones présents sur le marché belge veulent rattraper le temps perdu en 2021. Oppo, Xiaomi et OnePlus entendent ainsi se faire connaître du consommateur lambda dans les prochains mois et profiter, malgré eux, des déboires de Huawei. Le géant chinois des télécoms souffre fortement des mesures mises en place depuis mai 2019 par les États-Unis, qui le soupçonnent d’espionnage au profit de Pékin.

Depuis septembre dernier, la firme ne peut par exemple plus équiper ses appareils haut de gamme en nouvelles puces Kirin, que le groupe n’a pas les capacités de fabriquer en interne. Et plus important encore, Huawei ne peut plus installer les Google Mobile Services, qui permettent aux applications de la marque américaine, comme Google Maps, Gmail, Youtube, etc., de fonctionner.

De 16 % de parts de marché en Belgique en février 2020, cette entreprise est passée à un peu plus de 12 % en février dernier, selon les données du site Statcounter.

Elle reste toutefois sur la troisième marche du podium, loin derrière Apple (près de 40 % de parts de marché en février) et Samsung (36 %) mais aussi loin devant la concurrence (Xiaomi, 4e avec 3,8 %, et OnePlus, 5e avec 2,52 %).

"Il est sûr et certain que nous sommes l’une des marques qui profitent de l’opportunité Huawei", reconnaît Dirk Pauwels, patron de la filiale belge d’Oppo.

Cette marque a été lancée sur le marché national il y a tout juste un an… en même temps que l’arrivée du coronavirus. Avec la fermeture des magasins non-essentiels durant les première et deuxième vagues, l’année a été "extrêmement difficile", selon son responsable. Elle a surtout servi de préparation à un déploiement commercial plus important en 2021.

Oppo grappille ainsi peu à peu des parts de marché en Belgique. "On connaît une belle évolution, significative, de mois en mois. Mais on reste sur des volumes bas par rapport à d’autres marques", concède Dirk Pauwels. L’enseigne compte donc sur 2021 pour se faire connaître du grand public et accroître davantage ses ventes. Cela passe par des accords avec les opérateurs télécom mais aussi avec des détaillants comme Mediamarkt, Vandenborre ou Krëfel.

En France, Espagne, Italie ou aux Pays-Bas, où la marque est présente depuis plus longtemps, la part de marché peut aller jusqu’à 10 %. Globalement, Oppo est en outre le numéro 4 mondial des vendeurs de smartphones et a même ravi la première place de Huawei en Chine en janvier dernier. "Il y a donc du potentiel", soutient son patron belge.

La marque lancera dans les prochains jours trois nouveaux smartphones - les Find X3 Pro (très haut de gamme - 1.149 euros), Neo (haut de gamme - 799 euros) et Lite (moyen de gamme - 449 euros), présentés jeudi - sur le marché belge.

OnePlus mise aussi sur deux téléphones, les 9 (haut de gamme) et 9 Pro (très haut de gamme), qui seront dévoilés le 23 mars, pour accroître sa présence en Belgique. Le Benelux fait d’ailleurs pleinement partie de la stratégie de déploiement actuelle de cette marque, tout comme les pays nordiques et l’Allemagne. Là où les bureaux parisiens de l’enseigne ont récemment fermé, ceux de Bruxelles sont en plein développement. Cinq personnes y travaillent désormais pour une vingtaine pour l’ensemble du Benelux, relève ainsi Julie Arsac, porte-parole de OnePlus Belgique.

La stratégie de l’enseigne en Belgique est, comme elle le fait dans le reste de l’Europe, d’être de plus en plus présente en ligne et dans les magasins et donc de maximiser son implantation, ajoute-t-elle.

"OnePlus est en pleine phase de croissance mais n’est pas toujours connue du grand public. Nous devons donc présenter la marque à une nouvelle génération et à une nouvelle cible que sont les jeunes. C’est pour cela que nous avons diversifié notre portefeuille de smartphones avec des téléphones de milieu de gamme", explique Julie Arsac.

Enfin, Xiaomi, troisième vendeur mondial de smartphones au 4e trimestre 2020, propose lui aussi des téléphones dans toutes les catégories de prix et a pour stratégie d’inonder le marché de ses produits. Le dernier en date est son Mi 11, haut de gamme (849 euros) présenté le mois dernier, devrait également l’aider à se rapprocher, très doucement, de la troisième place de Huawei.

Là aussi, sa présence auprès des opérateurs et des revendeurs se développe de plus en plus.