Encore un renfort de poids pour Tiscali qui devient un acteur majeur de l'Internet

PARIS Dans la vie, il faut perséverer... C'est en tout cas la devis, payante, adoptée pat Tiscali. Huit mois après avoir décliné une première fois l’offre des Italiens, le groupe français Liberty Surf, fortement chahuté en bourse, a finalement cédé lundi aux avances du fournisseur d’accès qui vise la première place en Europe avec un total de 10,7 millions d’utilisateurs.
C’est la fin d’un feuilleton à rebondissements pour Liberty Surf, qui a vu, impuissant, son cours de bourse s’effondrer depuis mars dernier. Introduite à 41 euros, l’action n’en valait plus vendredi que 7, même si le groupe se prévalait d’une confortable trésorerie. Avec une telle dégringolade boursière, le groupe de Pierre Besnainou était devenu une proie intéressante pour les prédateurs.
Pour le fournisseur d’accès italien Tiscali, un des quatre poids lourds européens, avec l’Allemand T-online, le Français Wanadoo et l’Espagnol Terra Lycos, l’acquisition des 72,94% de Liberty Surf et de ses 900.000 abonnés actifs est une bonne affaire.
En déboursant 645,5 millions d’euros pour acquérir Liberty Surf, en titres et en cash, l’Italien accède en France à une position forte de numéro deux, selon son président Renato Soru, talonnant Wanadoo. En Europe, le groupe italien, qui a avalé récemment le néerlandais World Online, consolide sa place derrière le leader T-Online.
Pour l’heure, Liberty Surf sauve sa marque, imposée à prix d’or grâce à un matraquage publicitaire et une politique de marketing agressive. Mais à moyen terme, nous rechercherons en Europe une seule marque commune, a glissé Renato Soru.
S’il est resté muet sur une éventuelle restructuration au sein du groupe français, le président de Tiscali est intarissable sur les économies envisageables, grâce aux synergies des deux groupes.
En France, environ 80 millions d’euros d’économies sont attendues en 2001, a assuré Renato Soru. Selon lui, le nouvel ensemble bénéficiera d’une augmentation des revenus (60% due à la publicité et 40% lié au commerce inter-entreprises), d’une réduction des coûts d’interconnexion, de production de contenus et management, de marketing, techniques, call center (centre d’appels) et frais généraux. En outre, le nouveau Tiscali bénéficiera d’un niveau d’investissement réduit (10 millions d’euros). Le directeur général de Tiscali, James Kinsella, prévoit des bénéfices en 2002.
Ces économies attendues par Tisali tranchent avec l’opinion exprimée récemment par Pierre Besnainou, selon laquelle il n’y pas de synergie à l’international. Là encore, le patron de Tiscali vient le contredire, en promettant quelque 10 millions d’euros de synergies en 2001 pour les filiales étrangères, avec l’intégration des activités au Royaume-Uni, en Espagne, en Suède et en Norvège et l’exploitation du portail en Espagne Hispavista.
Autant dire que la fermeture des filiales à l’étranger, un moment à l’étude au sein de Liberty Surf, n’est plus à l’odre du jour.Le rachat de Liberty Surf par l’italien Tiscali illustre la consolidation européenne de ce secteur où, les uns après les autres, les fournisseurs d’accès et les portails grand public se sont soit regroupés, soit fait avaler: Wanadoo (France Télécom) a ainsi racheté récemment le britannique Freeserve, Mageos (Pinault Printemps Redoute) a été cédé à 9 Telecom (Telecom Italia), Club Internet (Lagardère) a été absorbé par T-Online et Lycos par Terra Networks.