Alors que la numérisation s'est répandue dans nos vies, Proximus présente désormais son application d'eSanté, Doktr. Celle-ci sera accessible d'ici le mois de juin.

L'opérateur continue donc d'étendre ses activités, pour devenir de plus en plus présent dans le quotidien de ses clients, et pas uniquement. Après s'être lancé dans l'éducation, la régie publicitaire, les services financiers (en collaboration avec Belfius) avec la future application Banx, Proximus veut s'afficher toujours plus en alternative aux géants de la tech américains offrant de nombreux services.

"Un internet hyperstandardisé, uniforme et conventionnel ne convient plus", lance d'ailleurs d'entrée de jeu Guillaume Boutin, le CEO de Proximus, lors de la conférence de presse.

"On a tendance à se sous-estimer par rapport à la Silicon Valley. Pourtant, notre capacité à innover est énorme. Nous avons développé cette application, de l'idée au lancement, en moins de douze mois d'ailleurs", renchérit-il. "Le terrain de jeu est énorme. Certains voient des menaces, nous, nous voyons des opportunités. Nous avons l'ambition de devenir le compagnon numérique de tous les Belges." Voilà pour la vision globale.

Pour l'aspect pratique, l'application Doktr permettra donc de consulter des médecins à distance. Pour le lancement, il s'agira uniquement de médecins généralistes, mais cela pourrait évoluer.

Le nombre de téléconsultations est limité à 5 par mois, comme cela est déjà prévu par les autorités. Les patients pourront se connecter via l'application Itsme et l'échange avec le médecin se fait en appel vidéo.

"Cela ne remplacera pas les consultations physiques mais c'est un système hybride intéressant", a déclaré par ailleurs la ministre des Entreprises publiques Petra De Sutter (Groen), elle-même médecin.

"La crise du Covid-19 a entraîné une énorme accélération en ce qui concerne les outils en ligne, qui facilitent pas mal de choses et peuvent également soulager la pression sur notre système de santé. Surtout si cela se fait en collaboration avec d'autres acteurs du secteur de la santé, comme c’est le cas dans ce projet", a-t-elle également déclaré.

Sécurité des données et paiement

En ce qui concerne le prix, un module de paiement sera intégré et le remboursement avec les mutuelles sera identique. La connexion via Itsme devrait rendre le processus similaire aux applications bancaires par exemple.

Pour ce qui est des données personnelles, l'échange vidéo n'est pas enregistré, les échanges textuels dans le chat sont conservés 48 heures pour laisser au patient le temps de se rendre en pharmacie et les données sont cryptées "end-to-end", assure l'opérateur.

Du côté de la flexibilité offerte aux médecins, Proximus assure accompagner également les pratiquants pour éviter de prendre trop de patients par exemple. En clair, les encadrer pour définir les bonnes pratiques.

Il n'y aura pas de système de notation des médecins par les patients, ce qui pourrait donner un aspect "Uber" à l'application. Cependant, les patients pourront donner leur avis sur la consultation, que le médecin pourra consulter. Une quarantaine de médecins se sont joints au projet pour le lancement mais leur nombre pourra augmenter par la suite, en fonction de la demande.

"Les médecins disponibles dans le cadre de ce service sont tous des professionnels agréés par l'Inami. Ils sont habilités à délivrer des ordonnances, mais s'engagent à ne pas prescrire de médicaments pouvant entraîner une dépendance ou nécessiter un suivi médical intensif. Sur la base de la consultation vidéo, qui facilite la communication interpersonnelle et la détection de signes visuels importants, le médecin peut orienter le patient vers une consultation physique ou un hôpital", précise l'opérateur.

Enfin, petite pique supplémentaire aux géants de la tech comme Google et autres acteurs des services en ligne: "Nous voulions également éviter que de nouveaux acteurs, moins bien intentionnés, prennent la place, ce qui pourrait mettre en danger la protection de notre vie privée", lance encore Guillaume Boutin pour légitimer le lancement de ce service.