Proximus va lancer dès ce mercredi la 5G, une première en Belgique, avec une couverture initiale dans plus de 30 communes à travers le pays, annonce mardi l'opérateur dans le cadre de la présentation de sa nouvelle stratégie d'entreprise à l'horizon 2022.

L'entreprise va également accélérer fortement son programme de déploiement de la fibre. Pour parvenir à lancer la 5G, Proximus utilisera les bandes de fréquences qu'elle détient actuellement, déployées sur les antennes existantes et dans le respect des normes d'exposition aux champs électromagnétiques en vigueur, précise-t-on.

L'opérateur va en outre accélérer fortement son programme de déploiement de la fibre. Il vise désormais à raccorder 800.000 foyers additionnels par rapport à son plan initial d'ici 2025, et même 1 million d'ici 2026. Ce qui permettra d'avoir un total de 2,4 millions de foyers disposant de cette technologie d'ici 2025, au lieu de 2030.

Enfin, l'entreprise semi-publique, pour 53,5% dans les mains de l'État belge, a décidé d'adapter son dividende annuel "à un niveau pérenne" en le réduisant de 1,50 à 1,20 euro par action sur les résultats 2020, 2021 et 2022. Ce montant est à considérer comme un plancher, et à confirmer chaque année par l'assemblée générale des actionnaires, précise Proximus.

Pas à Bruxelles mais à Mons et Namur

Bruxelles ne fait pas partie de la liste de 30 communes où la technologie sera déployée. "Cela n'y est pas possible en raison des normes d'émission", justifie Fabrice Gansbeke, porte-parole de Proximus. La Région bruxelloise applique en effet, depuis un certain temps déjà, des normes moins élevées et donc plus strictes que dans le reste du pays.

Outre la problématique des normes d'émission, le réaménagement de la bande passante à Bruxelles n'est pas possible pour le moment car l'entreprise ne dispose pas des autorisations administratives pour ce faire, ont expliqué des responsables.

En revanche, de grandes villes et communes wallonnes comme Mons, Namur, Wavre, Louvain-la-Neuve, Braine-l'Alleud, Bastogne, Arlon ou Eupen en bénéficieront, au même titre que Châtelet, à l'est de Charleroi. Près de Bruxelles, les zones autour de Zaventem, de Leeuw-Saint-Pierre et d'Hal ou d'Overijse en profiteront aussi.

En Flandre, si Gand manque à l'appel et qu'à Anvers seule une partie du port est couverte, ce n'est pas le cas de certaines parties de Courtrai, Bruges, Malines, Ostende, Knokke-Heist, Louvain et Hasselt, où il sera possible de se connecter à cette 5G, à condition de disposer d'un smartphone compatible.

"Cette 5G n'est qu'un début, un premier pas vers un grand voyage, et son déploiement (géographique et en termes de puissance, NDLR) augmentera avec le temps. Ce n'est là qu'un début mais il est très important pour nous", confie Guillaume Boutin, patron de Proximus. L'entreprise entend bien étendre la zone de couverture au-delà des 30 premières communes. Mais les travaux sur les antennes qui sont nécessaires sont actuellement en suspens en raison de la crise du coronavirus et des mesures de confinement qui l'accompagnent.

Avec un objectif chiffré précis? "Non", répond Guillaume Boutin. "On veut avoir le plus de villes et communes connectées à la 5G le plus vite possible."

La 5G à pleine vitesse deviendra, elle, réalité une fois le spectre vendu aux enchères, ce qui tarde à se faire en raison de l'incapacité des gouvernements du pays à s'entendre sur la clé de répartition des recettes financières que l'opération apportera. D'ici là, l'entreprise s'appuiera aussi sur les licences temporaires que doit octroyer l'IBPT au début juin.

Lorsque la 4G avait été lancée en Belgique, cela s'était également fait de manière graduelle avec seulement une partie du spectre au début, rappelle-t-on au passage chez Proximus.