New-Tech Du cash en échange de votre vie privée? 

Conscients ou non, de nombreux utilisateurs de Facebook âgés entre 13 et 35 ans ont vendu leur âme au diable depuis 2016, si l'on caricature (à peine) les résultats d'une enquête de Techcrunch.com. Le site d'information américain révèle que la société de Mark Zuckerberg récolte depuis plus de deux ans des milliers de data provenant d'utilisateurs, qui ont "accepté" cette forme d'espionnage en étant rémunéré de 17 euros par mois. 

Le géant des réseaux sociaux pratiquait cette collecte de données via l'application Facebook Research, un VPN destiné à l'analyse des data consultées par monsieur tout le monde. Mais attention, cette "analyse des données" est pratiquement illimitée. D'après un expert en sécurité des données interrogé par Techcrunch.com, " si Facebook utilise pleinement les potentialités d'accès que lui délivrent le certificat une fois installé, la société aura la possibilité de collecter continuellement les messages privés, les photos, les vidéos, les e-mails, les recherches en ligne et les localisations des utilisateurs." Autrement dit, l'application détiendrait un pass d'entrée vers toutes les données numériques des personnes ayant accepté le chèque de 17 euros par mois. Qu'il s'agisse d'adolescents de 13 ans ou d'adultes de 35 ans. " Il n'est pas évident d'appréhender l'étendue des connaissances de Facebook sur la question", poursuit l'expert. 

Depuis que l'enquête de Techcrunch a été révélée, l'application incriminée a été retirée du système d'exploitation iOS, car elle bafoue les règles imposées aux développeurs inscrits sur l'App Store. En effet, depuis juin, les développeurs n'ont plus le droit de récolter plus de données que nécessaires au bon fonctionnement de leur service. Par ailleurs, Facebook Research continuera de tourner sur Android. 

Facebook a répondu au média américain, arguant " qu'il n'y avait rien de secret." " Nous l'avons littéralement appelé le logiciel Facebook Research App. Il ne s'agit pas d'espionnage. Toutes les personnes qui ont téléchargé l'application ont donné leur permission et ont été payés pour cela. Seuls 5 pourcent des personnes qui ont décidé de participer étaient des adolescents", poursuit un porte-parole.

La polémique n'est pas sans rappeler le VPN Onavo Protect, qui agissait de manière similaire auprès des utilisateurs, racheté en 2014 par Facebook et retiré de l'App Store à l'été 2018. Plus ou moins au même moment, le scandale Cambridge Analytica, qui posait également la question de l'utilisation des données, éclatait également. Des scandales en série qui pourraient accentuer la baisse de popularité du média auprès des adolescents, qui se tournent davantage vers d'autres réseaux sociaux, tels que Snapchat, Instagram (également possédé par Facebook, tout comme What's App).