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Chahutée économiquement, un peu pantouflarde technologiquement, Apple fait-elle face à un coup de froid passager ou à une maladie qui risque de se prolonger ? Une chose est en tout cas certaine : lorsque l'iPhone, plus gros contributeur de revenus de la marque, boite, c'est tout le pantin Apple qui se désarticule. Reste à comprendre pourquoi il peine à performer comme au préalable.

Sale temps pour la Pomme. D'un point de vue économique, déjà : le titre a perdu près de 40% de sa valeur en bourse depuis octobre, et, pour la première fois depuis seize (!) ans, Tim Cook, le CEO d’Apple, évoque une révision à la baisse des prévisions pour le premier trimestre fiscal de l’entreprise (qui correspond au dernier trimestre 2018), un fait rarissime pour une des plus grandes entreprises au monde. La marque de Cupertino a, du coup, sérieusement dégusté à Wall Street hier jeudi, lâchant 9,96%, sa pire séance depuis janvier 2013.

Même Cook est contraint de l'admettre : il s’est vendu moins d’iPhone que prévu. Et le dommage collatéral est immédiat, lorsque votre vache à lait sous-performe : pour le premier trimestre 2019, le chiffre d’affaires attendu est de 84 milliards de dollars (74 milliards d’euros). 11 milliards de moins que les prévisions initiales.

Reste à comprendre pourquoi la machine s'est enrayée : historiquement, le dernier trimestre de l'année, celui de la sortie commerciale des iPhone annoncés en septembre, est toujours le plus fort. Et, sous-question dans la question, pourquoi l'iPhone s'est éloigné du cercle vertueux qui était le sien jusqu'alors ?

Plusieurs éléments de réponse s'alignent. Décortiquons.

Les éléments de réponse avancés par Tim Cook :
  1. Le batterygate, et le programme de remplacement à bas prix : Après le batterygate, où Apple avait reconnu le "malentendu" qui l'avait poussée à délibérément brider la puissance des anciens iPhone, la marque, au pied du mur, avait réagi en lançant un programme de remplacement des batteries des anciens iPhone, pour seulement 29 dollars. Une action très populaire, mais à double tranchant : si elle renforce positivement l'image de marque de la Pomme, elle contribue peu à ses recettes : le remplacement est coûteux en matériel et en main d'oeuvre, et, surtout, il est de nature à faire en sorte que les clients conservent plus longtemps leurs anciens terminaux...
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