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A l'heure où tout commence à se robotiser, deux artistes lancent un débat philosophique, voire juridique. Si un robot se prête à des activités illicites, qui doit être condamné? L'automate ou son propriétaire?

Cette question a été posée par deux Suisses lors de l'exposition « The Darknet: From Memes to Onionland » qui se tient en ce moment à Zurich. Livré à lui-même sur le « deep web », cette partie d'internet accessible mais « invisible » et non référencée par les moteurs de recherche, un robot appelé 'Random Darknet Shopper » a acheté avec 100 dollars de Bitcoins (monnaie numérique) par semaine un jean Diesel, une casquette de baseball, une caméra, des cigarettes, une paire de Nike, un faux sac Louis Vuitton et des pilules d'ecstasy. Ces dernières ont d'ailleurs été livrées par la poste, cachées dans un boîtier DVD. Tous les produits sont exposés. "Les arts devraient être en mesure de refléter ce qu'il se passe dans la société contemporaine d'une manière contemporaine. Nous voulions vraiment fournir de nouveaux espaces pour réfléchir aux produits échangés sur ces marchés. Pourquoi sont-ils vendus? Comment la société peut gérer ces espaces? Pour le moment il y a juste beaucoup de pression, mais pas beaucoup de réflexion à ce propos, juste une réaction immédiate", explique Carmen Weisskopf, l'un des deux artistes, au Guardian.

L'exposition se déroule non loin d'un commissariat de police. Et les deux artistes disent assumer la responsabilité des actes de leur robot, même si celui-ci a pris lui-même la décision d'acheter cette drogue. L'automate est en effet programmé par les deux acolytes pour se rendre sur le deep web et réaliser des emplettes. Qui est responsable? Le créateur doit-il être tenu responsable de l'intention de sa création? La question est posée. Par contre, ils estiment pour leur défense que l'art, même pratiqué de manière illégale, est acceptable s'il est accompli dans l'intérêt du public.