New-Tech L’ubuesque candidat républicain à la présidentielle Donald Trump a chargé Apple. Dont l’iPhone, il est vrai, n’a pas grand-chose d’américain dans le ventre… Décorticage.

Un processeur Samsung, un écran LG, de la mémoire flash japonaise ou coréenne, des capteurs hollandais ou allemands, une batterie chinoise… Le tout assemblé à Shenzhen, et vendu, cher et vilain, avec une belle Pomme et la mention, Designed in California. Lorsqu’on dissèque l’iPhone 6S (le 6S Plus, ci-dessous, pour être exact), c’est un vrai torrent de globalisation qui s’ouvre à nous. Où, à part pour le R&D (Recherche et Développement) et le marketing, le pays natal d’Apple semble bien peu impliqué.

Un torrent auquel goûte peu le fantasque Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016. Le milliardaire, à l’aube des primaires, a flingué l’entreprise la plus rentable du monde : "Nous allons faire ce qui est bon pour le pays ! Nous allons forcer Apple à construire ses satanés (ou foutus, selon le traducteur, NdlR) ordinateurs et bidules dans ce pays plutôt que dans d’autres."

Si le voeu du candidat à la succession d’Obama résonnera dans les oreilles des nostalgiques de l’Amérique industrielle d’antan, qui plus est chômeurs, il reste purement… utopiste - au-delà d’être ridicule, vu la nature capitaliste du sieur.

Aucune loi ne peut contraindre Apple à relocaliser. Une taxe pourrait l’y pousser, une subvention l’y encourager. Mais dans les deux cas, Apple a amassé un trésor de guerre tellement conséquent qu’il s’en contreficherait royalement.

Si Apple se fournit et produit majoritairement en Chine (334 partenaires de la Pomme pour 74 aux USA), c’est bien sûr pour le coût moindre de la main d’œuvre et pour préserver ses marges folles. Mais pas seulement. La Chine, c’est aussi une capacité technique immense, rapide, et qualifiée. Tim Cook, CEO d’Apple, l’avait dit il y a peu : "Les ingénieurs industriels et mécanistes qualifiés aux USA ? Ils tiendraient dans ce studio", déclarait-il. "En Chine, il leur faudrait des stades entiers…"

On reste à des années-lumière d’un Macbook ou d’un iPhone portant fièrement la gravure Made in America…

© DH