10 questions sur le don de sperme

Les centres de procréation font face à une pénurie de donneurs.

Julien Crepin
10 questions sur le don de sperme

1. Le recours aux donneurs est-il fréquent ? Y a-t-il beaucoup de donneurs ?

"Non, nous souffrons d’une pénurie. À l’hôpital Saint-Pierre, en moyenne, nous recevons un candidat par mois et seulement deux ou trois par an deviennent donneurs. Mais on ne peut pas faire de publicité pour le don de sperme. C’est interdit par la loi. Ce n’est donc pas facile d’inciter les gens à donner."

2. Pourquoi y a-t-il si peu de donneurs ? Pourquoi un tel tri ?

"Il y a plusieurs raisons. La première est que nous avons besoin d’un sperme de qualité pour optimiser les chances de réussite. Par exemple, il faut un minimum de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme, que 10 % d’entre eux aient une forme normale et que les spermatozoïdes soient mobiles. Mais il faut aussi tenir compte des sérologies, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être porteurs d’aucune hépatite, ni de la syphilis, ni du HIV, ni d’aucune anomalie génétique. De plus, il y a des contraintes d’ordre pratique. Les donneurs doivent venir régulièrement donner et ils doivent venir pour des prises de sang et des examens."

3. Y a-t-il des types de donneurs plus en pénurie ?

"Oui, la pénurie est vraiment extrême pour les donneurs maghrébins et d’Afrique subsaharienne. La majorité des donneurs est de type caucasien. Il y a un facteur religieux et culturel dans ce phénomène. Certains ont simplement un problème avec la masturbation et donc ne veulent pas donner. Mais pourtant, la demande existe."

4. Est-on payé pour donner ? 

"Il n’y a pas de rémunération mais les donneurs reçoivent un défraiement. À Saint-Pierre, c’est 50 euros par don. Les donneurs viennent en général deux fois par mois. Nous leur faisons en plus un test de sérologie tous les trois mois."

5. Un donneur peut-il avoir des milliers d’enfants ?

"Bien sûr que non. La loi fixe qu’un donneur peut donner à six femmes différentes au maximum mais une même femme peut avoir recours au même donneur plusieurs fois. Donc, le maximum de six fratries par donneur ne peut être dépassé. Certains essayent de contourner le système et de donner dans plusieurs centres mais nous sommes en contact et il arrive qu’on remarque qu’un candidat a déjà donné dans un autre centre. Dans ce cas, il est exclu."

6. Y a-t-il une baisse de la qualité du sperme en Belgique ?

"Des études prouvent que la qualité du sperme diminue de manière générale. La Belgique n’est pas épargnée mais c’est une tendance mondiale. On remarque que cette baisse s’enregistre surtout dans les villes. La pollution joue un rôle, le mode de vie aussi, l’alimentation. Mais une étude récente démontre la relation entre la surpopulation et la diminution de la fertilité. On ne peut pas déduire une relation de cause à effet mais il semblerait qu’il y ait une influence."

7. Les gens ayant recours à des donneurs peuvent-ils choisir leur donneur ou demander des caractéristiques ?

"Nous avons de toute façon des critères pratiques, comme le rhésus sanguin par exemple. Les demandeurs peuvent aussi établir certains critères que nous essayons de respecter mais il n’y a aucune garantie. Dans le cas de couples hétérosexuels, nous essayons que les donneurs ressemblent au père sur certains traits comme les cheveux, la taille, la couleur des yeux mais il n’y a pas d’eugénisme à proprement parler."

8. Avez-vous recours à des banques de sperme ?

"Oui, nous travaillons avec une banque de sperme au Danemark. Ça explique qu’on trouve plus facilement des donneurs grands et blonds (rires). Nous pratiquions 23 inséminations in utero avec donneur par mois en moyenne en 2013 et nous avons actuellement deux donneurs. Nous n’avons pas le choix."

9. Dans quels cas peut-on avoir recours à un don ?

"À Saint-Pierre, tout le monde peut y avoir recours. Nous évaluons au cas par cas. Mais ce n’est pas le cas partout. À Saint-Luc, par exemple, ils ne pratiquent pas de dons de sperme pour les couples homosexuels. De plus, nous accueillons beaucoup de demandeurs venus des pays frontaliers où la loi interdit purement et simplement les dons."

10. Les donneurs n’ont droit à aucun vice, ni tabac, ni alcool, ni drogue ?

"À vrai dire, ils peuvent fumer ou boire un peu. Nous ne sommes pas chez eux pour les espionner mais ces pratiques peuvent réduire la qualité du sperme. Pour les drogues, par contre, on est plus strict."


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