Entre 4.000 et 27.000 contaminations en Belgique? Pourquoi les vrais chiffres du coronavirus sont bien pires que la réalité

La méthode de calcul de Tomas Pueyo donne une mesure plus réaliste de la situation réelle de la propagation du coronavirus à travers le monde.

Entre 4.000 et 27.000 contaminations en Belgique? Pourquoi les vrais chiffres du coronavirus sont bien pires que la réalité
©REPORTERS

La méthode de calcul de Tomas Pueyo, contredite par certains, donne une mesure plus réaliste de la situation réelle de la propagation du coronavirus à travers le monde.

Avec la propagation exponentielle du coronavirus, le réel danger qui nous menace à très court terme est la saturation des hôpitaux. La distanciation sociale est donc primordiale, tout autant que le respect des règles d’hygiène les plus élémentaires. La Chine fut le premier pays frappé par le virus et a vu les cas exploser avant que des mesures drastiques de confinement ne soient adoptées, permettant de circonscrire le coronavirus. Des mesures qu’ont tardé les autres pays à mettre en place. L’Italie, l’Espagne, la Suisse, la France et la Belgique connaissent aujourd’hui une explosion des cas avérés bien plus importante que la Chine et, pourtant, tous ont tardé ou tardent encore à prendre de telles mesures. Et ce n’est pas le comportement peu rassurant d’une frange de la population semblant toujours braver les consignes et les réels dangers de la maladie qui a de quoi rassurer.

En Belgique, le nombre de cas réels n’est pas connu. Comme dans les autres pays, les autorités ne sont pas au courant quand un cas devient symptomatique, mais uniquement quand il est testé et diagnostiqué. La pénurie de produit réactif au virus et les tests n’étant pratiqués que sur les personnes hospitalisées ou présentant des symptômes graves ne permettent en effet pas de connaître tous les cas réels.

En se calquant sur la situation vécue en Chine, on prend cependant toute la mesure de l’ampleur de la contamination, relate Tomas Pueyo.. Le 21 janvier dernier, 100 nouveaux cas étaient diagnostiqués en Chine. En réalité, il y en avait 1 500 ! LE 23 janvier, Wuhan fut mise en quarantaine : 400 cas étaient diagnostiqués mais le nombre de cas réels était de plus de 2 500. Cette quarantaine s’est accompagnée d’une augmentation exponentielle des cas réels. Pourquoi ? Tout simplement parce que les cas qui étaient déjà symptomatiques ont conduit de nombreux patients à consulter et donc à se faire diagnostiquer.

Pour connaître le véritable nombre de personnes contaminées, Tomas Pueyo adopter une méthode de calcul basée sur le nombre de morts. On sait qu’entre la contamination et le décès, il s’écoule en moyenne 17,3 jours. En prenant en compte un taux de létalité de 1 %, on peut donc estimer que quand un patient (qui décédera) est diagnostiqué, il y a en réalité 100 personnes atteintes.

Si on analyse ensuite le doublement moyen (c’est-à-dire le temps nécessaire pour doubler le nombre de cas réels), il s’établit à 6,2 jours. Entre la contamination du patient et son décès, le nombre de cas aura donc été multiplié par 8 (x 2 après 6 jours, x2 après 12 jours, x2 au 18ème jour). Les 100 cas de contamination sont donc devenus 200 après 6 jours, 400 après 12 jours et 800 après 18 jours.

Avec 5 morts avérés en Belgique à ce jour, on pourrait donc estimer qu’il y a au moins 4 000 personnes infectées, soit 4 fois plus que les derniers chiffres annoncés ce lundi matin.

En replongeant dans le scénario vécu par Wuhan, on remarque que quand il y avait 440 cas avérés, c’est en fait 27 fois plus de personnes qui étaient touchées, avec un chiffre réel de 12 000 cas. On comprend dès lors toute la nécessité de confiner au maximum la population. Si le schéma est identique en Belgique, on pourrait donc avoir déjà près de 27 000 cas réels. Dans tous les cas, il est certain que nous avons bien plus de cas que les quelque 1 000 patients connus. Entre 4 000 et 27 000, il y a certes de la marge que les plus sceptiques ne manqueront pas de faire observer… Quoi qu’il en soit, ces différents modes de calculs et analyses de la situation par rapport à l’épidémie qui a frappé la Chine dès la fin de l’année dernière ont de quoi motiver les mesures les plus draconiennes. Cette analyse, largement relayée par différents médias, doit cependant être prise avec réserve également. Plusieurs scientifiques ont en effet contredit la méthode, présentée comme une véritable analyse scientifique alors qu'elle n'en a que les apparences. Son auteur n'est en effet pas scientifique lui-même et certains approximations sont relevées dans ses calculs parfois flous. 

Toujours est-il que, même si cette analyse n'est pas rigoureuse et, peut-être pas non plus correcte, tous les scientifique s'accordent sur une chose: il y a bien plus de cas réels que ceux qu'on a déjà pu diagnostiquer.

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