Un traitement révolutionnaire pour traiter à 100% le cancer? Pas si vite

Le traitement qualifié de "révolutionnaire" serait en fait déjà utilisé sous d'autres formes en Belgique.

Un traitement révolutionnaire pour traiter à 100% le cancer? Pas si vite
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Ce mardi, nous vous faisions part de recherches très concluantes publiées dans le New England Journal of Medicineconcernant le cancer colorectal. Grâce à l'usage du Dostarlimab, un médicament d'immunothérapie de GSK, 12 patients atteints d'un cancer du rectum auraient ainsi pu être totalement guéris. Le traitement aurait permis de reconnaître les cellules cancéreuses et de les détruire, le tout sans effet secondaire. Des résultats présentés comme "sans précédent" dans l'histoire de l'oncologie.

"Je crois que c'est la première fois que cela se produit dans l'histoire du cancer", s'enthousiasmait le docteur américain Luis A. Diaz Jr. à ce propos.

Toutefois, les résultats de cette étude sont à nuancer, explique ce mercredi le professeur Eric Van Cutsem de l'UZ Leuven dans les colonnes du Soir. Le Dostarlimab n'est pas si révolutionnaire que ce que l'on pourrait croire. "C'est un espoir et cela démontre qu'il faut continuer la recherche, mais ce médicament n'est pas une nouveauté, précise l'expert. Déjà, en Belgique, nous en utilisons deux similaires, avec des résultats équivalents."

Au Gasthuisberg, l'hôpital universitaire de l'UZ Leuven, sept à huit patients ont ainsi déjà été traités avec une immunothérapie très semblable, précise encore le professeur. "Et avec le même résultat ! Grâce à une simple biopsie, on peut savoir qui va répondre favorablement à une immunothérapie."

Une thérapie lourde

En outre, le traitement n'est pas anodin et peut engendrer des effets néfastes, met en garde Eric Van Custem. "C'est une thérapie qui reste assez lourde et avec des conséquences comme la pose d'une poche (anus artificiel) chez un quart des patients ou une anastomose (connexion entre deux conduits) proche de l'anus qui les fait souffrir d'incontinence ou les force à aller dix à quinze fois par jour à la toilette car le réservoir du rectum a été enlevé", précise le Pr. Eric Van Custem.

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