La Belgique étend la vaccination contre la variole du singe

Alors que l'épidémie de variole du singe a fait ses premières victimes en Europe, la Belgique va accélérer sa stratégie vaccinale.

Elioth Salmon
La Belgique étend la vaccination contre la variole du singe
©BELGA

Le nombre de cas de variole du singe ne cessent d’augmenter partout dans le monde, et la Belgique n’est pas épargnée par les contaminations. D’après les derniers chiffres de Sciensano sur la situation épidémiologique au 2 août 2022, un total de 482 cas confirmés de monkeypox ont été signalés par les administrations/gouvernements régionaux en Belgique, soit 89 de plus que la semaine passée : 261 en Flandre (54 %), 172 à Bruxelles (36 %) et 49 en Wallonie (10 %). 28 de ces personnes ont été hospitalisées, 21 en raison du traitement, deux parce que l'isolement à domicile n'était pas possible, et cinq pour lesquelles la raison était inconnue. Le royaume n’a encore connu aucun décès de cette maladie à l’heure actuelle.

Néanmoins, ces derniers jours, quatre décès liés à cette épidémie ont été constatés hors du continent africain, le foyer de la maladie. Le premier mort, annoncé vendredi 29 juillet par les autorités sanitaires brésiliennes, est un homme de 41 ans originaire du nord-est du pays. Quelques heures plus tard, deux nouveaux décès ont été annoncés par le ministère de la Santé espagnol, le premier dans la Communauté de Valence, le second à Cordoue. Enfin, lundi, c'est l'Inde qui a révélé le décès d'un homme, qui aurait contracté le virus aux Émirats Arabes unis.

Pour éviter que de tels drames se déroulent en Belgique, et également contrer l'évolution rapide de la maladie, le Groupe de gestion du risque (Risk Management Group) du service public fédéral Santé publique a décidé d'accélérer la stratégie vaccinale dans le pays. La vaccination est actuellement déjà possible des personnes ayant eu dans les jours précédents un contact "à haut risque" avec un individu porteur de la variole du singe, via les fluides corporels, un contact peau à peau prolongé en présence d'éruptions ou de plaies, ou l'utilisation de la même literie, par exemple.

À partir de la semaine prochaine, quatre autres "groupes" viennent s'y ajouter. Le RMG liste "les travailleurs du sexe, masculins et transgenres", les "personnes atteintes de troubles immunitaires et d'une forte probabilité d'infection", le "personnel de laboratoire prenant en charge les cultures virales", ainsi que les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, mais sous certaines conditions. Il faudra en effet que ces derniers soient "séropositifs ou reçoivent un traitement HIV-Prep" et qu'ils aient "eu au moins deux maladies sexuellement transmissibles au cours de la dernière année", précise le RMG.

Le nombre de personnes de ces nouveaux groupes est estimé à 2 000, ajoute le RMG. Si les conditions sont remplies, la personne désireuse de se faire vacciner peut recevoir une première dose à partir de la semaine prochaine, et la seconde à l'automne. Aujourd’hui, la Belgique n’a que 3 000 doses de vaccin contre la variole du singe de disponible. Frank Vandenbroucke a signé le 16 juillet un contrat avec la firme pharmaceutique danoise Bavarian Nordic pour l’obtention de 30 000 doses supplémentaires. Ces vaccins seront livrés à l'automne, avec un premier lot de 10 000 doses pourrait être livré courant octobre.

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