Plus de 450 médecins tirent, dans une lettre ouverte publiée vendredi sur le site web de Knack, la sonnette d'alarme en raison d'un manque d'adhésion de la population, selon eux, aux mesures prises pour endiguer l'épidémie.

Ils soulignent que le soutien aux directives est pourtant essentiel pour empêcher la propagation du coronavirus. Les médecins parlent "d'opportunité manquée" alors que le dernier Conseil national de sécurité n'a pas imposé le port du masque obligatoire. Le CNS a avancé que cette mesure aurait risqué de ne pas être comprise par la population alors que les "chiffres" montrent une "tendance à la baisse".

"Nous semblons oublier que cette tendance à la baisse s'est produite à la suite d'une période de confinement et après des semaines de strict respect des règles", écrivent les médecins.

Porter un masque est pourtant simple, estiment-ils. "Je te protège, tu me protèges. Avec un masque, on se protège les uns les autres. En plus, c'est une mesure bon marché sans les effets néfastes d'un confinement."

L'argument des opposants au port généralisé du masque selon lequel celui-ci serait nocif pour la santé est, selon ces médecins, "un mensonge flagrant". "Naturellement, les masques buccaux ont un sens, sinon nous n'en aurions pas si massivement besoin dans les hôpitaux."

Mais la préoccupation des médecins s'étend au-delà des masques. "Nous constatons que la tendance à la baisse dans les chiffres donne l'impression que le coronavirus 'est parti'. Au cours des dernières semaines, de nouveaux assouplissements se sont enchaînés à un rythme accéléré, tandis que les mesures sont de moins en moins respectées (...) L'attention collective menace de se relâcher et, ce, à un moment crucial", estiment les prestataires de soins. "Le nombre de reproduction du virus (qui indique combien d'individus une personne infectée contamine, NLDR) se rapproche de 1. S'il dépasse le nombre 1, la pandémie reprendra."

"Nous comprenons que la politique est un exercice d'équilibriste, prenant en compte la santé publique, l'économie, nos besoins humains et sociaux, notre bien-être psychologique et de nombreuses autres variables. Mais avec la multitude de règles, d'exceptions, d'assouplissements, de débats sur les intérêts qui doivent primer et surtout les nombreux conseils souvent contradictoires, aucune adhésion n'a été créée mais seulement de la confusion et de la frustration."

"On insiste trop peu sur le fait que le respect des règles nous permettra de retrouver plus rapidement une vie normale, avec moins de risques d'une deuxième vague", concluent les médecins.