La taux de réussite de l’insémination artificielle atteint 15%.

Mariana Gonzalez, la femme qui menait une lutte acharnée afin d’être inséminée par le sperme de son défunt mari, va pouvoir avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Le Conseil d’État français, pays où cette pratique est interdite, a finalement accepté la demande de la veuve. Le sperme de son mari décédé en 2015 sera finalement exporté en Espagne. Elle y sera inséminée.

En Belgique, aux Cliniques universitaires Saint-Luc, on précise que l’insémination post mortem, bien qu’acceptée et reprise par la loi, est un phénomène très rare. "Il est impossible d’avoir des chiffres essentiellement sur l’insémination post mortem", nous précise-t-on au Belgian Register for Assisted Procreation (Belrap).

Le Collège Médecine de la reproduction collecte cependant de nombreuses données sur la procréation médicalement assistée dans notre pays. En 2014, les derniers chiffres officiels (les données de 2015 verront le jour fin septembre/début octobre, "neuf mois après les dernières inséminations") faisaient état de 33.704 cycles traités par les centres. De ces inséminations et autres traitements, on comptabilise 5.147 naissances.

"C’est un chiffre peu encourageant", note Carine Brochier, coordinatrice de l’Institut Européen de Bioéthique. "Il y a 85 % d’échecs contre seulement 15% de réussite."

L’affaire très médiatisée de Mariana Gonzalez relance un débat éthique. Peut-on ou non inséminer post mortem?

En Belgique, 18 centres pratiquent la procréation médicalement assistée depuis les traitements de base (hormonaux à l’insémination). Certains, comme le CHC à Liège, refusent de le faire, "se retranchant derrière la clause de conscience."

Carine Brochier, de l’IE Bioéthique, ajoute: "Le bien-être de l’enfant est une valeur universelle. Beaucoup de facteurs entrent en jeu et une commission d’éthique se réunit généralement pour statuer sur le cas. Mais, personnellement, je trouve que l’insémination post mortem est une injustice fondamentale. On appelle à la vie un embryon déjà orphelin. Dès avant l’implantation, il est orphelin. C’est différent que de donner naissance à un orphelin."

Comme elle, certains pensent que cela perturbe le deuil de la mère aussi. "Un délai de six mois après le décès du conjoint est nécessaire."