Les médecins ont surdiagnostiqué des cas de cancer qui ne mettaient pas la santé des patients en danger.

Ces dernières décennies, une véritable épidémie de cancers de la thyroïde a été relevée en Europe, aux États-Unis et en Australie, suscitant l’inquiétude du monde médical.

Mais une étude récente du Centre international de la recherche sur le cancer apporte un nouvel éclairage sur cette augmentation du nombre de malades en estimant que leur origine est due à un surdiagnostic. Ce sont donc des médecins qui ont eu tendance à poser un diagnostic de cancer dans des cas où les risques de provoquer des symptômes au cours de la vie d’une personne ou de provoquer sa mort sont très faibles voire nuls.

D’après cette étude, le nombre de personnes qui ont été surdiagnostiquées avec un cancer de la thyroïde ces vingt dernières années s’élève à 470.000 femmes et 90.000 hommes. Dans certains pays comme l’Australie, la France, l’Italie ou les États-Unis, le surdiagnostic est évalué entre 70 et 80 % par les chercheurs de l’IARC.

En Belgique aussi , des scientifiques partagent les conclusions de l’IARC. "Une analyse similaire avait été faite voici quelques années en Belgique. Le Registre du cancer avait constaté une fréquence beaucoup plus élevée des cancers de la thyroïde en Wallonie qu’en Flandre. Cette différence s’expliquait principalement par un dépistage nettement plus fréquent au sud du pays", commente la Fondation contre le cancer.

À L’origine de cette surévaluation : les progrès technologiques réalisés ces dernières années. "Avant, on remarquait un nodule thyroïdien lorsqu’il devenait apparent. Aujourd’hui, on le détecte beaucoup plus précocement, grâce aux progrès de l’imagerie médicale (échographies, IRM, etc.)", explique le docteur Jacques Dumont, spécialiste du cancer de la thyroïde.