En Italie, un enseignant est décédé un jour après avoir reçu le vaccin AstraZeneca. Les autorités sanitaires italiennes tentent de vérifier "s’il existe un lien de causalité entre la vaccination et le décès". En attendant les vaccinations AstraZeneca ont repris, mais un "lot" a toutefois été exclu par précaution. Mais qu'est-ce qu'un lot ? Nous avons posé la question à Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le coronavirus et président de la section vaccination du Conseil Supérieur de la Santé.

"Il y a énormément de vaccins dans un lot. On n'est pas sur 50 000 vaccins, mais beaucoup plus. C'est plus d'un million", précise l'infectiologue. Du coup, les lots sont logiquement divisés et partagés sur différents territoires. "Il y a des petits pays qui ne reçoivent pas autant de doses. On aimerait bien avoir un million de doses AstraZeneca, mais malheureusement, ce n'est pas le cas", rigole-t-il. "Ces lots sont faits en sortie d'usine avec des vaccins qui ont été fabriqués sur les mêmes machines, de la même manière. Ils sont validés et puis distribués dans différents pays."

Par exemple, le lot qui pose question après le décès d'une infirmière autrichienne de 49 ans, vaccinée quelques jours plus tôt, a été partagé entre 17 pays. Par précaution, et en précisant qu'il n'y avait "aucune preuve d’une relation de causalité avec la vaccination", l’Autriche a décidé de ne pas distribuer les stocks restants du lot contenant le vaccin administré à cette infirmière. Dans la foulée, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg ont suspendu les vaccinations avec des doses provenant de ce même lot.

"On peut agir rapidement"

Pour le moment, aucun lien scientifique n'est établi entre des décès et l'administration de vaccins. Si ça devait être le cas, est-il possible de retrouver rapidement tous les vaccins problématiques et surtout les personnes les ayant reçus ? "Evidemment, on doit savoir où se trouve tel vaccin à tout moment. Tout est nommé et enregistré", explique Yves Van Laethem. Le lot suspendu en Italie a pour nom de code ABV2856 et est donc différent de celui suspendu par l’Autriche, nommé ABV5300. "C'est la base de la pharmacovigilance", continue le virologue. "Tout est traçable. Si on bloque un lot, les pays concernés peuvent localiser les centres de vaccination où les vaccins ont été déposés. On sait aussi dire que telle personne a reçu un AstraZeneca par exemple, de tel lot, à tel moment. Cela permet d'agir rapidement en cas de problème."

La taskforce Vaccination comprend que des questions se posent après les récents évènements, mais rappelle que des problèmes majeurs, il n'y en a pas pour le moment: "à ce stade-ci, rien ne permet visiblement de lier les cas de thrombose avec le vaccin Astra-Zeneca. Rien ne permet donc actuellement d'affirmer que les vaccins des lots écartés sont de mauvaise qualité."