Comment éviter ce que certains appellent le "nouveau mal du siècle" ? Réponse en plusieurs points.

Stress au boulot, démotivation et perte de confiance en soi, l’épuisement professionnel, plus communément appelé burn-out, est devenu, en peu de temps, un mal-être "à la mode ". Les psychologues le confirment : les demandes de rendez-vous explosent ces dernières années. Mais qu’est ce que réellement le burn-out ? "C’est un processus qui, au bout du compte, amène à un épuisement général psychique, physique et moral" , explique la thérapeute Donatienne Morelle. Attention, ce terme n’est cependant pas à confondre avec la dépression qui n’est, quant à elle, pas nécessairement liée au travail. En cas de burn-out, la personne atteinte est toujours en situation de stress chronique, ce qui n’est le cas qu’une fois sur deux pour la dépression.

Touchant davantage "les personnes perfectionnistes et surinvesties dans leur travail , le burn-out se traduit par plusieurs symptômes tels que la perte d’énergie, les douleurs physiques (principalement les maux de dos), les migraines et une fatigue perpétuelle" , nous explique Donatienne Morelle qui précise que les cas prennent, évidemment, des proportions différentes en fonction des personnes et de leur situation.

Voici quelques clés qui vous permettront peut-être de prévenir un éventuel burn-out :

Prendre du temps pour soi : les personnes qui ont connu un burn-out ont souvent délaissé les autres sphères de leur vie pour se consacrer uniquement à leur travail . Un conseil : profitez de votre temps libre, notamment en faisant du sport, et, surtout, déconnectez ! Évitez, en effet, d’être joignable 24 heures sur 24. Au travail, octroyez-vous une bonne heure de temps de table pour vous changer les idées.

Bien s’entourer : le soutien social est le meilleur moyen de combattre le stress chronique. Il est donc nécessaire de s’entourer de personnes avec qui discuter de ses difficultés au travail (et d’autres choses). Celles-ci nous aident à prendre des distances.

Être à l’écoute de son corps : on attend souvent que notre corps nous donne des signes d’alerte. Une fois les premiers symptômes physiques détectés, il est bon d’en définir les causes et procéder à une remise en question.

Engager la conversation : n’hésitez pas à alerter votre employeur ou vos collègues lorsqu’une situation devient invivable ou dérangeante. La communication peut parfois permettre de trouver des solutions profitables pour tous.

Se fixer des objectifs réalistes et gratifiants : ne tirez pas de plans sur la comète et apprenez à déléguer au lieu de crouler sous le travail. Apprenez également à dire non. Nous ne sommes pas des machines ! Il est préférable de limiter ses tâches pour plus d’efficacité plutôt que de vouloir en faire de trop et de bâcler son travail.

Avoir le sens des priorités : misez sur l’organisation ! Chaque jour, faites une liste des tâches à accomplir, des plus importantes au moins importantes.


Elles nous racontent leur expérience...

"Mon burn-out a abouti à une séparation"

Employée dans le milieu hospitalier, Martine, 52 ans, a mis du temps avant de réaliser qu’elle était en plein burn-out.  "Nous vivions une situation infernale au boulot dû au manque d’effectifs. J’ai tenu bon, jusqu’au jour où j’ai craqué" , explique cette mère de famille qui a vu son couple se dégrader et aboutir à une séparation :  "Je pleurais sans cesse et dormais mal car j’avais des crises d’angoisse. Tout cela me rendait agressive en journée et mon couple n’a pas tenu le coup. Je pense que si j’avais été voir un médecin plus tôt, j’aurais pu sauver mon couple car même si le burn-out n’était pas la cause de tous nos problèmes, il a joué un rôle considérable dans la séparation." Après six mois de repos et un encadrement médical, Martine a repris, en douceur, son ancien poste. Ce qu’il lui est arrivé a d’ailleurs permis de tirer la sonnette d’alarme au sein de son équipe.


"Chaque dimanche, j’avais des crampes à l’estomac"

Employée dans le secteur de la communication, Julie ne voulait, dans un premier temps, pas accepter qu’elle avait besoin d’aide.  "Les personnes qui se donnent à 100 % dans leur boulot et qui sont perfectionnistes, comme moi, ont plus de difficultés à accepter le fait d’être en burn-out. On a peur d’être mal vu ou de perdre son emploi. Donc, je me renfermais dans mon coin. Chaque dimanche, j’avais des crampes à l’estomac" , explique la femme de 37 ans, qui a finalement suivi les conseils de sa mère et pris rendez-vous chez le psychologue, puis chez le psychiatre.  "Même si j’avais beaucoup de soutien de la part de ma famille, j’avais besoin de voir un spécialiste qui pouvait traiter mon problème de l’extérieur" , explique celle qui, en changeant de lieu de travail et en prenant davantage soin d’elle, a réappris à avoir petit à petit confiance en elle.