Après les personnels exposés et les résidents d’établissements de santé, les personnes atteintes d’un handicap (physique ou mental) peuvent désormais se faire administrer le précieux vaccin contre le coronavirus. Une décision pourtant loin d’être évidente il y a à peine plus d’un mois. "En décembre, on avait tiré la sonnette d’alarme en demandant l’exigence des vaccins pour les personnes en situation de handicap. Alain Maron et Christie Morreale nous ont écoutés, et ont bien intégré ces personnes dans la phase 1. C’est donc une très bonne nouvelle ", se réjouit Marie-Luce Verbist, directrice de la fondation Portray, qui tend à faciliter la qualité de vie des personnes atteintes d’un handicap.

Cette étape supplémentaire dans la vaccination a pu générer une certaine angoisse de la part des soignants chargés d’administrer les vaccins à ces patients. "Il est vrai qu’il faut accorder un peu plus de temps à ce type de patientèle, mais le personnel qui s’en occupe est habitué à travailler avec ", tempère le docteur Luc Herry, vice-président de l’Association belge des syndicats médicaux (ABSYM). Et puis, "l’adhésion quasi systématique au vaccin favorise de bonnes conditions de travail ", ajoute le docteur Herry. Plus de 90% des personnes en situation de handicap manifestent leur consentement au vaccin.

"Confinés perpétuels"

Privés de services de soins et d’activités depuis plusieurs mois, les personnes handicapées et leur entourage ressentent une certaine inquiétude en pleine période pandémique. " Ces familles ont été abandonnées et délaissées. Ces gens sont des confinés perpétuels, avec le handicap qu’ils doivent assumer au quotidien. Et la situation sanitaire les plonge encore plus dans un état de souffrance ", souligne Marie-Luce Verbist. La considération du gouvernement bruxellois à l’égard de ce public en matière de vaccin redonne espoir à ces " patients précarisés ".