Des douleurs lancinantes qui tapent comme un marteau en permanence derrière l’œil". Voici comment Claire Vanderick décrit son (quasi) quotidien sur son lieu de travail. Victime de migraines depuis 25 ans, elle souffre en moyenne de 15 jours de crises par mois. Une situation qui lui a imposé un changement de perspective professionnelle. "J’étais infirmière et j’ai voulu accéder à un poste à responsabilités suite à un master en santé publique réussi. J’ai alors intégré une de ces fonctions mais j’ai rapidement dû renoncer à ce poste à cause des migraines. Il fallait travailler sur un écran presque tout le temps, c’était intenable, j’avais quinze jours de crises par mois. À cause des migraines, j’ai dû renoncer à mes ambitions. C’est très frustrant de faire des concessions. Il faut trouver un juste équilibre entre le travail et le fait de pouvoir prendre soin de soi", raconte cette Bruxelloise âgée de 45 ans.

Si les migraines concernent environ 20 % des Belges, elles ne correspondent qu’à 30 % des maux de tête (céphalées).

Les migraines classiques sont toutefois précisément définies, ce qui les différencient des autres céphalées. Elles s’installent souvent progressivement et sont annoncées par des "prodromes dans 40 % des cas (fatigue, bâillements, saute d’humeur, inconfort divers quelques heures/jours auparavant) ensuite surviennent les auras dans 20 % des cas (troubles visuels, fourmillements)", précise le neurologue Gianni Franco.

Des symptômes dont souffre Claire qui réussit, depuis peu, à vivre avec. "J’ai une lueur d’espoir depuis que j’ai accès à un traitement compassionnel via une molécule octroyée pour des cas avancés, mais c’est très coûteux.. Cela permet de vivre un peu plus en harmonie. Toutefois, la migaine doit être davantage reconnue comme une maladie car elle reste mécomprise et stigmatisée par la société et le milieu médical. J’ai 45 ans et je crains de finir sur le banc des invalides, on ne peut pas dépendre d’antalgiques. Cette situation pèse sur notre vie sociale, c’est comme être en prison intérieurement".