Deux chirurgiens de l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles ont écrit dimanche à la Première ministre Sophie Wilmès pour réclamer un test de détection systématique du coronavirus auprès des patients et du personnel soignant.

"Il n'est plus acceptable, faute d'équipements de protection individuelle (EPI) en suffisance, d'être obligés de ne les utiliser que pour de rares patients testés positifs alors qu'il est statistiquement certain que nous soignons chaque jour nombre de patients COVID+ sans le savoir, donc sans précaution, et d'encourir un risque majeur, faute de les avoir testés", écrivent les professeurs Didier De Cannière et Guy-Bernard Cadière dans ce courrier.

"Il est inacceptable de s'entendre dire qu'on ne peut tester qu'une fraction des patients et du personnel, faute de réactifs", ajoutent-ils dans cette lettre intitulée "la double peine du personnel hospitalier".

Le Dr Cadière souligne l'importance des tests. Interrogé par Belga, il cite l'exemple de la Corée du Sud qui a contenu la pandémie sur son territoire en recourant au dépistage massif, sans nécessiter de confinement de la population.

"Un test de détection systématique du personnel empêcherait celui-ci dans une large mesure de contaminer par ignorance des patients et des collègues et le rassurerait le soir quand il rentre à la maison de ne pas contaminer sa famille", soulignent les deux spécialistes.

"Madame la Première ministre, ne nous dites pas que nous sommes devenus incapables en Belgique de produire des masques, des EPI et des réactifs. Ne nous dites pas que nous n'avons pas les budgets pour aménager le salaire des laborantins et leur donner l'aide logistique qu'il convient pour conduire des tests chez tous les patients", exhortent les deux chirurgiens. "L'histoire a montré que, dans des périodes exceptionnelles, la capacité de production des pays pouvait être réorientée de manière flexible".