Lors d'une interview exclusive pour Paris Match, le scientifique Didier Raoult s'est confié sur ses recherches face au coronavirus et a affirmé que trouver un vaccin n'était pas forcément la solution.

Connu pour ses positions tranchées, "le scientifique préféré des Français" s'est livré à nos confrères de Paris Match sur la situation actuelle en France. Il reconnait ainsi s'être trompé. "Oui, j’ai dit que je doutais qu’il y aurait plus de 10 000 morts. J’aurais dû dire : 'Je ne pensais pas qu’il y en aurait autant que ça'", avoue-t-il. Actuellement, la France dénombre plus de 20.000 morts, mais malgré ce constat Didier Raoult relativise. "En janvier 2017, dans l’indifférence générale, la grippe hivernale a tué près de 15 000 personnes. Attendons le bilan du Covid-19 sur la mortalité moyenne annuelle de la population française avant de qualifier la situation de grave", tempère-t-il.

Interrogé sur l'efficacité de son traitement de référence, l’hydroxychloroquine, le scientifique reste positif, malgré le fait que le médicament soit pointé du doigt pour ses nombreux effets secondaires. "Ce traitement est bête comme chou, c’est pour ça qu’il irrite. On part d’un fait : une maladie sans remède. La réflexion ensuite est banale. Quel médicament déjà actif pourrait fonctionner ? D’un côté, nous avons l’hydroxychloroquine, efficace in vitro (ndlr: en laboratoire). De l’autre, un antibiotique, l’azithromycine, testé et étudié. Nos tests révèlent leur efficacité sur le virus lorsqu’ils sont combinés", affirme-t-il.

Finalement, Didier Raoult a expliqué ne pas vouloir travailler sur un vaccin. Selon lui, élaborer un vaccin ne résoudrait aucun problème. "Trouver un vaccin pour une maladie qui n’est pas immunisante… c’est même un défi idiot. Près de 30 milliards de dollars ont été dépensés pour celui contre le VIH, voyez le résultat ! Ce n’est pas une guerre de laboratoire, mais d’intelligence. Quand on ne sait pas gérer une maladie infectieuse, on nous sort le coup du vaccin ! Il est déjà difficile de vacciner correctement contre la grippe, alors contre un nouveau virus… Honnêtement la chance qu’un vaccin pour une maladie émergente devienne un outil de santé publique est proche de zéro", s'exclame l'infectiologue..