Une technique qui permet aux patients de plus de 60 ans de mieux récupérer, selon une étude de l’Hôpital Erasme.

Une étude réalisée au sein du Service d’Anesthésiologie de l’Hôpital universitaire Erasme démontre que lorsque les anesthésistes s’aident de robots pour surveiller les constantes de leurs patients âgés de plus de 60 ans pendant une opération chirurgicale majeure, ceux-ci récupèrent mieux leurs fonctions neuro-cognitives après l’intervention.

Si les robots ont déjà fait leur entrée dans la plupart des blocs opératoires pour assister les chirurgiens, ils n’ont jusqu’à présent pas encore convaincu les anesthésistes. Mais une étude publiée cette semaine dans l’une des plus prestigieuses revues d’Anesthésie (Anesthesiology), vient sérieusement remettre en question ce dogme.

Après une anesthésie et une intervention chirurgicale, les patients peuvent présenter des troubles cognitifs tels que des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire ou encore des difficultés d’élocution. Réduire leur survenue est un défi majeur pour les anesthésistes et les chirurgiens. Et c’est là que la robotique intervient !

"Actuellement, pendant une intervention chirurgicale, l’anesthésiste contrôle lui-même une série de paramètres et ajuste les doses d’anesthésiant en fonction. Il modifie aussi les paramètres du respirateur et contrôle l’administration de liquide intraveineux en fonction des besoins physiologiques et des pertes sanguines éventuelles. Ces contrôles sont certes efficaces mais ils pourraient être améliorés grâce à des robots. C’est précisément ce que nous avons testé avec Alexandre Joosten", explique le professeur Luc Barvais, responsable de l’anesthésie cardio-thoracique à l’Hôpital universitaire Erasme. "Ceci nous a permis de démontrer que le contrôle automatique de l’anesthésie, de la ventilation et de paramètres hémodynamiques à l’aide de trois robots indépendants a un impact bénéfique sur la récupération cognitive des patients la semaine suivant l’opération mais aussi trois mois après l’intervention."

Un résultat qui s’explique notamment par la capacité des robots à ajuster instantanément ces paramètres par rapport à un humain. "Les robots analysent en continu le paramètre que l’on souhaite contrôler avec pour conséquence des adaptations plus fréquentes de la commande. Le traitement appliqué est adapté aux besoins spécifiques de chaque patient et à chaque instant, afin de réduire la variabilité inter- ou intra-individuelle", explique Alexandre Joosten.

Outre les bénéfices réels sur les patients ayant participé à cette étude, ces travaux ont un impact majeur sur le futur de l’anesthésiologie. "En effet, les robots qui permettent de contrôler ces paramètres ne sont pas du tout utilisés au quotidien, voire pas considérés comme utiles par certains anesthésistes. Ils sont d’ailleurs toujours en cours de développement, notamment sur base d’études comme la nôtre. Or, là nous démontrons qu’ils présentent un avantage considérable et qu’il est temps qu’ils s’installent définitivement dans les appareils d’anesthésie. À la manière des robots qui sont désormais légion dans l’aviation et dans l’industrie automobile depuis qu’il a été prouvé qu’ils réduisaient significativement le nombre d’accidents dans le ciel et sur la route", conclut le Pr Luc Barvais.