Les travaux de Didier Raoult intéressent de près la communauté scientifique.

Sous son air excentrique, cheveux longs, bouc et moustache mal entretenus, Didier Raoult a plus des airs d’un vieux druide gaulois style Panoramix que d’un scientifique de renom. Pourtant, celui qui dirige l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille pourrait bien détenir la clef pour éliminer le virus qui, chaque jour, tue des centaines de personnes.

Mais alors qu’il prétend avoir obtenu des résultats relativement probants, ce scientifique français, sosie parfait de Patrick Sébastien, semble avoir jusqu’ici subi un délit de faciès de la part d’un État français qui le considérait jusqu’ici plus comme un hurluberlu que comme une aide précieuse dans la lutte contre le coronavirus.

Depuis un mois, Didier Raoult répète en effet à l’envi - mais ils étaient visiblement peu nombreux à tendre l’oreille - que l’hydroxychloroquine, habituellement utilisée pour contrer les effets du paludisme comme cela l’avait été pour Stromae, pourrait diminuer, si pas complètement les annihiler, les effets du virus. Le ministère français de la Santé s’était jusqu’ici toujours détourné de ses travaux. C’est Christian Estrosi, le maire de Nice, qui a le premier apporté son soutien au scientifique. Avant qu’un certain Donald Trump ne vante aussi les mérites de la chloroquine.

Le ministre Olivier Véran a depuis admis que Didier Raoult proposait un médicament intéressant. Tout en tempérant l’excitation autour de celui-ci. "Je suis son travail d’extrêmement près, a expliqué Olivier Véran, samedi . Aujourd’hui, je n’ai aucune donnée suffisamment validée scientifiquement et médicalement pour tendre vers une recommandation. Mais j’ai donné toutes les impulsions nécessaires pour que nous ayons ces données d’ici quinze jours. Si les résultats étaient positifs, nous pourrions aller vers une voie thérapeutique."

Le ministre français se veut "prudent tant que nous n’avons pas la garantie de la sécurité sanitaire et de l’utilité de cette molécule pour les malades".

De son côté, le professeur Raoult affirme que sur 24 patients suivis au sein de son hôpital et traités avec de l’hydroxychloroquine, 18 présenteraient une charge virale négative et ne seraient donc plus contagieux ni même porteurs du virus au bout d’à peine six jours alors que les patients traités avec un médicament différent sont 90 % à être toujours porteurs du virus sur la même durée.

En Belgique, la chloroquine est déjà utilisée dans les hôpitaux qui soignent les patients atteints par le coronavirus. " Ce médicament est actuellement réservé aux patients hospitalisés, confirme la doctoresse Aurore Ancion, urgentiste au CHU de Liège. Il est encore trop tôt pour déduire de son efficacité mais les études effectuées en France donnent des résultats plutôt intéressants. "

Un traitement pour le coronavirus est donc espéré à relativement court terme. D’autant plus que la chloroquine serait relativement facile à produire. Mais si le produit pourrait avoir des effets pour lutter contre le coronavirus, on ignore tout de ses effets secondaires éventuels.