On l'apprenait ce lundi : la Commission a annoncé avoir attaqué en justice le laboratoire AstraZeneca pour n’avoir pas suivi le calendrier de livraison de son vaccin anti-Covid-19. Mais que faut-il attendre de cette action en justice ? "Le but est d'obtenir qu'AstraZeneca respecte les engagements de son contrat. Nous avons passé des contrats avec 6 firmes, pour plus de 2 milliards et 600 millions de doses", rappelle Didier Reynders. L'Union Européenne attendait 300 millions de doses du vaccin AstraZeneca, "qui ne livre pas ce qui a été promis" : 30 millions de doses au premier trimestre, à la place des 90 millions promises. "On nous annonce 70 millions de doses au lieu des 180 promises au deuxième trimestre", déplore le commissaire européen à la Justice. 

"L'action, c'est faire en sorte que les doses soient livrées, comme le font les autres sociétés", souligne Didier Reynders. "Le but, c'est vraiment le respect du contrat, pour que l'on puisse passer de 100 millions de doses livrées au premier trimestre par l'ensemble des firmes à plus de 300 millions de doses au troisième trimestre", affirme-t-il. 

"Les autres firmes respectent leurs engagements. Il y a un problème et pour ce problème, nous allons en justice. On verra ce que la justice dira. Dans un Etat de droit, si quelqu'un ne respecte pas son contrat et ne souhaite pas le respecter, la seule solution est de se retrouver en justice. C'est vrai pour la Commission, comme pour n'importe quel acteur travaillant avec un contrat", explique Didier Reynders, avant d'insister sur le fait que l'Union Européenne exporte des vaccins à travers le monde. "Dès le début, nous avons exporté presque autant de vaccins que nous en avons distribués en Europe parce que nous sommes conscients du fait qu'il faut vacciner la terre entière", assure-t-il.

Un sofagate "regrettable"

Didier Reynders est également revenu sur l'incident du sofagate, qui a profondément blessé Ursula Von der Leyen. "Je comprends qu'elle ait été particulièrement blessée parce qu'elle a vécu une discrimination pour ce qu'elle est, le fait d'être une femme, comme d'autres vivent des discriminations pour ce qu'ils sont, y compris dans d'autres domaines". Il s'est également dit très heureux que le parlement montre une grande solidarité à son égard, qualifiant l'événement de "regrettable" et déplorant que le message adressé à Erdogan ne soit passé au second plan. Charles Michel a-t-il commis une erreur ? S'il ne se prononce pas, Didier Reynders admet qu'il était "probablement possible d'agir d'une autre façon"