"Il y aura une nouvelle vague dans la région européenne, sauf si nous restons disciplinés", a affirmé le directeur de l'OMS Europe Hans Kluge lors d'une conférence de presse en ligne.

Interrogée sur les inquiétudes liées aux derniers matches de l'Euro de football alors que les cas augmentent dans des villes organisatrices (Londres, Bakou et Saint Pétersbourg), l'OMS Europe a appelé à mieux suivre les spectateurs, pas seulement dans les stades.

Après dix semaines de baisse des cas, la semaine dernière, le nombre de cas a augmenté de 10% dans la région Europe, qui compte 53 pays, en raison selon M. Kluge "de l'augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l'assouplissement des restrictions sociales".

L'OMS Europe prévoit que le variant dit Delta, initialement détecté en Inde, devienne "dominant" d'ici août, a-t-il indiqué, confirmant la projection du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Cette dernière s'attend à ce qu'il constitue 70% des nouveaux cas européens début août et 90% fin août.

"Mais en août, la région ne sera pas pleinement vaccinée" et également "largement sans restrictions" a souligné M. Kluge, rappelant que 63% des Européens n'avaient pas encore eu la première dose.

"Ce que nous observons c'est qu'(une nouvelle vague) pourrait arriver avant l'automne", a mis en garde Catherine Smallwood, une autre responsable de l'organisation sanitaire onusienne.

Ce variant, repéré initialement en Inde, est 40 à 60% plus transmissible que l'Alpha - détecté d'abord au Royaume-Uni, selon les études disponibles.

En laboratoire ou en vie réelle, les études convergent aussi sur un point: recevoir une seule dose de vaccin n'apporte qu'une protection limitée contre le variant Delta.

"Supercontaminant" ?

Interrogé sur le risque que l'Euro de football ait joué ou joue le rôle de "supercontaminant", Hans Kluge a répondu: "J'espère que non, mais je ne peux pas l'exclure".

Les villes-hôtes des derniers matches de l'Euro de football doivent assurer un meilleur suivi de la circulation des spectacteurs, y compris avant leur arrivée et après leur départ du stade, selon l'OMS.

"Nous avons besoin de regarder bien au-delà des stades eux-mêmes", a souligné Mme Smallwood,interrogée sur les recommandations face à la hausse des cas à Londres et Saint-Pétersbourg, et depuis peu à Bakou.

La capitale britannique doit accueillir les demi-finales et la finale du tournoi la semaine prochaine, la deuxième ville russe sera le théâtre vendredi du quart de finale entre la Suisse et l'Espagne. Quant à la capitale de l'Azerbaïdjan, elle accueille Danemark-République Tchèque samedi.

Plusieurs centaines de cas ont été détectés chez des spectateurs de matches de l'Euro, notamment des Ecossais de retour de Londres, des Finlandais de retour de Saint-Pétersbourg ou des spectateurs dans le stade de Copenhague qui se sont avérés porteurs du variant plus contagieux Delta.

"Ce que nous devons regarder autour des stades c'est comment les gens s'y rendent, est-ce qu'ils se déplacent dans des convois de bus bondés ou est ce qu'ils appliquent des mesures individuelles?", a souligné Mme Smallwood.

L'OMS Europe appelle aussi à mieux suivre ce que les spectateurs peuvent faire "quand ils quittent le stade, vont-ils dans des bars ou dans des pubs très fréquentés?", a-t-elle ajouté.

L'organisation onusienne a appelé à la vigilance sur tous les grands rassemblements de l'été en général, Euro de foot ou non.