Après les morts tragiques mais aux circonstances néanmoins différentes de cette dernière semaine, c'est l'occasion de revenir sur une pratique qui permet bel et bien de sauver des vies : le don d'organes.

Léopold Hecht, Antoine Demoitié et Daan Myngher, trois noms qui ont malheureusement fait l'actualité ces 7 derniers jours mais qui ont pu changer les choses à leur manière. Léopold a été victime des attentats de Bruxelles, Antoine a été victime d'une collision avec un motard lors de la course cycliste Gand-Wevelgem et Daan, coureur cycliste également, a été victime d'une crise cardiaque lors d'une course. Un point commun lie ces accidents: les trois hommes ont fait don de leurs organes. Ils ont ainsi pu redonner espoir à des familles, voire sauver des vies.

Mais comment procède-t-on pour faire don de ses organes quand on imagine très bien à quel point il peut être difficile de parler de la mort ?

Sur ce sujet, la politique belge en la matière est claire, "qui n'a dit mot, consent". Par cette simple phrase, il faut comprendre que si vous êtes belge ou domicilié en Belgique depuis plus de 6 mois, la loi autorise le prélèvement de vos organes après votre décès. Cependant, la procédure ne peut aboutir dans deux cas bien précis, si vous avez explicitement exprimé votre refus de votre vivant ou si votre famille proche (enfants, parents ou conjoint) s'y oppose.

Par ailleurs, il est possible d'agir avant que vos proches ne soient confrontés à ce choix délicat à la suite de votre décès. En effet, vous pouvez exprimer votre volonté en remplissant un formulaire ad hoc auprès de l'administration communale. Le dit formulaire est disponible dans votre commune ou encore sur internet à cette adresse (cliquez ici). Le dépôt de ce formulaire n'est pas immuable, il est toujours possible de modifier ultérieurement votre déclaration de consentement même si celle-ci a déjà été remise auprès des autorités compétentes.

Il est important de rappeler que le don d'organes est gratuit, anonyme et effectué dans le respect dû à votre dépouille mortelle.

Le don d'organes n'est donc pas un acte anodin. Il demeure encadré par des règles précises et mises en application depuis la loi du 13 juin 1986. Donner ses organes, c'est sauver des vies. Il n'est jamais trop tard pour agir ou, du moins, y réfléchir.


Donner ses organes de son vivant, c'est aussi possible

Il est néanmoins possible de consentir à donner certains de ses organes de son vivant pour venir en aide et parfois sauver une vie. Cela n'est possible qu'avec le consentement préalable :
- du donneur s'il est âgé d'au moins 15 ans
- du conjoint du donneur ou de son cohabitant
- des parents ou du représentant légal du donneur s'il est mineur

Là encore, la procédure est régie par des règles structurantes et sécurisantes pour autrui.