Alors que les contaminations sont reparties à la hausse, dépassant les 2000 cas par jour, l'ombre d'une troisième vague plane sur la Belgique. Faut-il pour autant s'inquiéter du frémissement de ces chiffres ? Charlotte Martin, infectiologue au CHU de Saint-Pierre, répond: " ll faut suivre ces chiffres de très près. Car si les décès sont encore à la baisse, c'est parce qu'ils sont toujours décalés de deux ou trois semaines par rapport aux contaminations. Cela peut être le début de la troisième vague que l'on craint ", prévient-elle. 

Emmanuel André est du même avis: " Quand on regarde la situation sur Bruxelles, on aperçoit un temps de doublement en une semaine. On a une augmentation significative ", indique le microbiologiste de la KUL. Il explique également que la hausse de ces chiffres est probablement due aux fêtes de fin d'année et aux retours de vacances. Néanmoins, ces caractéristiques présentes " forment un terreau nécessaire pour l'arrivée d'un phénomène très large ".

Suite à ces nouveaux chiffres, les hôpitaux se préparent-ils à une troisième vague ? " On se prépare avec les outils qu'on possède mais c'est difficile de préparer un personnel qui n'en peut plus et qui s'occupe actuellement de patients Covid. Si troisième vague il y a, les hôpitaux n'auront pas connu d'arrêt ", explique Charlotte Martin. 

Le variant britannique

Une mutation du coronavirus provoque d'énormes dégâts dans le Royaume-Uni et en Irlande. Ce variant, officiellement recensé à 6 reprises en Belgique, est-il bien plus présent sur notre territoire ? " Oui il y a plus de 6 cas de variant britannique en Belgique, car le système de détection du virus aura toujours du retard. Cela est dû au testing et aux analyses qui prennent un certain temps ", indique Emmanuel André. 

Ce qu'il faut éviter, selon le virologue, c'est la propagation de ce variant. Car avec les mesures actuelles, le virus pourrait quand même se propager. Cela pourrait également affecter la couverture vaccinale: "Il faudra en faire plus pour combattre un virus qui est plus fort ", insiste-t-il 

Faut-il interdire les voyages à l'étranger pour autant? La question fait rage depuis quelques jours. "Il ne faut pas que cela devienne un tabou, si cela devient nécessaire",  estime Charlotte Martin. Emmanuel André lui est moins nuancé: "Il y a deux choses à faire actuellement. Premièrement, éviter l'introduction et la propagation de ce variant. Et deuxièmement, renforcer la vaccination. Si les voyageurs de moins de 48 heures échappent à la quarantaine, ils n'échappent pourtant pas à la possibilité d'être infecté" , explique-t-il. 

Au vu des tendances actuelles, le prochain comité de concertation du 22 janvier ne devrait pas annoncer d'assouplissements. Les deux experts sont formels. "Il est plus probable d'aller vers un renforcement des mesures plutôt qu'un assouplissement ".