Chaque année, environ 7,7 millions de nouveaux cas d'Alzheimer sont diagnostiqués dans le monde, et en Belgique, une personne de plus de 65 ans sur 20 serait atteinte de cette maladie. La plupart du temps, le syndrome d'Alzheimer n'est détecté chez les patients qu'à partir de l'apparition des premiers symptômes. Mais grâce à des recherches de la société IBM, spécialisée dans l'informatique, il se pourrait qu'on arrive à prévoir quelles personnes vont développer la maladie.

Les chercheurs de la boîte américaine se sont penchés sur la façon de s'exprimer par écrit de 80 personnes, dont la moitié est aujourd'hui atteinte d'Alzheimer. Leur étude s'est réalisée sur le long terme, et le travail avec ce groupe de 80 personnes a commencé il y a sept ans. Tous les participants à l'étude étaient alors en pleine santé, en tout cas ils ne présentaient aucun des symptômes de le maladie et n'avaient pas de problèmes cognitifs. Les chercheurs leur avaient montré un dessin assez précis, représentant un enfant debout sur une chaise prête à tomber dans une cuisine, dos auquel se trouvait sa maman, en train de faire la vaisselle alors que l'évier déborde. Chaque personne du groupe avait dû décrire l'image.

Suite à cet exercice, les chercheurs avaient analysé, avec l'aide d'un système d'intelligence artificielle qui détectait les subtilités de langage, la manière dont les participants avaient décrit la scène. Le logiciel avait alors identifié des liens entre une partie du groupe, dont l'utilisation de certains mots était plus répétitive. Ces personnes utilisaient des structures grammaticales semblables ou des groupes de mots spécifiques et avaient également commis des erreurs, soit des fautes d'orthographe ou des majuscules inappropriées à quelques mots. Leur langage était aussi plus simple dans la structure.

Et sept ans plus tard, c'est ce groupe au langage écrit plus caractéristique qui a développé les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Le logiciel d'intelligence artificielle avait identifié ces personnes avec 75% de réussite, d'après les résultat publiés dans The Lancet. "Nous n'avions aucune supposition préalable que l'utilisation des mots montrerait quoi que ce soit", a déclaré au New York Times Ajay Royyuru, vice-président de la recherche sur les soins de santé et les sciences de la vie au centre de recherche IBM Thomas J. Watson à Yorktown Heights, N.Y., où la recherche a été réalisée.

Cette étude est la première qui a réussi à prédire avec une certaine précision que des personnes bien précises seraient touchées, des années plus tard, par la maladie d'Alzheimer. Cela donne de l'espoir, car ce travail laisse penser que des tests simples et peu coûteux pourraient permettre de détecter le syndrome d'Alzheimer ou d'un autre trouble cognitif, très tôt.