Le simple conseil d’un professionnel de la santé augmente les chances d’arrêter de 30 %.

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac le mardi 31 mai, et pour la 7e année consécutive, 66 hôpitaux en Belgique ouvriront leurs portes aux 20 % de fumeurs belges afin de leur proposer des conseils avisés de professionnels de la santé et des tests de sensibilisation. Un seul objectif au travers de cet effort commun : motiver l’arrêt complet et aider les fumeurs dans cette démarche.

Le tabagisme est une maladie chronique; une médicalisation de la prise en charge est donc primordiale. Le simple conseil d’un professionnel de la santé augmente déjà de 30 % les chances de succès de l’arrêt, mais la combinaison du soutien comportemental avec la pharmacothérapie augmente de 82 % le taux de succès en comparaison avec une intervention minimale.

Chaque année, cette action de sensibilisation dans les hôpitaux belges connaît un franc succès, avec une moyenne de 50 à 100 fumeurs visiteurs par hôpital, selon une enquête réalisée en 2015 auprès de quelques hôpitaux participants. Un fumeur sur cinq avait l’intention d’arrêter de fumer après avoir effectué les tests de sensibilisation. Et un sur quatre parmi ceux-ci avait pris directement rendez-vous chez un professionnel de la santé. Cette initiative rappelle le rôle majeur du professionnel de la santé dans la prise en charge globale de l’arrêt (thérapeutique et psychologique) afin d’accompagner au mieux le fumeur dans sa démarche de cessation tabagique complète.

"Pour la majorité des fumeurs, les professionnels de santé doivent continuer à apporter leur aide à ceux qui veulent arrêter de fumer, mais aussi à inciter ceux qui n’ont pas encore décidé, à passer à l’action. Le soutien comportemental par les médecins, tabacologues, infirmiers (ères), dentistes, kinésithérapeutes, psychologues… reste un élément important à côté des aides pharmacologiques. Cela a été montré par une méta-analyse publiée en 2015 : le soutien comportemental seul a une efficacité comparable à un substitut nicotinique, mais la combinaison du soutien comportemental avec la pharmacothérapie, augmente de 82 % le taux de succès en comparaison d’une intervention minimale", explique Professeur Pierre Bartsch, pneumologue-tabacologue et Professeur honoraire à l’ULG. "Il est recommandé au fumeur d’arrêter soudainement, plutôt que de perdre du temps en arrêtant progressivement. Il est désormais démontré que l’arrêt brusque augmente les chances de succès d’arrêt. Des actions de sensibilisation telles que la Journée mondiale sans tabac peuvent être un stimulant parfait pour démarrer un plan de sevrage tabagique. Il est déconseillé d’essayer d’arrêter de fumer tout seul. Le pourcentage de réussite est plus faible (40 %) qu’avec l’aide d’un professionnel de la santé. Si cette aide est combinée avec une pharmacothérapie appropriée, les chances de succès sont doublées", explique Professeur Hedwig Boudrez, psychologue-tabacologue à UGent.


Des tests pour savoir où vous en êtes réellement !

Dépendance à la nicotine, mesure du taux de monoxyde de carbone ou encore évaluation de l’âge des poumons

Cette année encore, les hôpitaux qui participent à l’action proposeront différents tests aux fumeurs, en plus des conseils avisés de professionnels de la santé.

L’évaluation de la dépendance à la nicotine (test de Fagerström). Quelques questions suffisent pour évaluer la dépendance physique à la nicotine et en savoir plus sur les habitudes du fumeur. Combien de cigarettes par jour fumez-vous, combien de temps après le réveil fumez-vous…

La mesure du taux de monoxyde de carbone (gaz toxique formé lors de la combustion de la cigarette) dans les poumons. Pour réaliser cette mesure, le fumeur doit retenir sa respiration pendant 15 secondes avant de souffler dans un petit appareil. Les résultats se mesurent en PPM (parties par million) et sont interprétés par le professionnel de la santé qui réalise le test sur place.

L’évaluation de l’âge réel des poumons qui s’effectue par l’expiration du souffle dans un appareil. Ce test est assez interpellant, un fumeur de 40 ans peut en effet découvrir qu’il a les poumons d’une personne de 60 ans. Une fois ces tests effectués, chaque fumeur recevra un passeport personnalisé et sera encouragé à consulter un professionnel de la santé pour analyser les résultats et discuter de l’aide et du soutien que celui-ci pourrait préconiser dans une tentative d’arrêt.

En savoir plus : pour obtenir un aperçu des hôpitaux participants, il suffit de consulter le site www.journeesanstabac.be. Vous y retrouverez toute l’information pratique concernant la journée ainsi qu’un localisateur par province avec la majorité des hôpitaux participants. Sur place, les actions seront très visibles grâce aux stands d’information. Il est préférable de vérifier l’horaire en contactant ledit hôpital.