Santé Toujours plus de femmes donnent naissance après 45 ans en Belgique.

Âgée de 53 ans, l’actionnaire majoritaire de l’Olympique de Marseille, Margarita Louis-Dreyfus, est enceinte de jumelles. À l’image de la milliardaire et d’autres stars telle que l’actrice américaine Monica Bellucci, toujours plus de femmes ont des grossesses tardives dans les pays occidentaux.

En Belgique, 192 femmes ont accouché d’un enfant après 45 ans en 2013, selon les chiffres de la Direction générale Statistique, sur base du registre national.

Si ce type de grossesse reste marginal (0,1 % de l’ensemble des naissances en 2013), il ne cesse de prendre de l’ampleur : il y a cinq fois plus de grossesses tardives qu’il y a cinq ans dans notre pays.

"Les grossesses après 45 ans sont fréquentes avec les remariages. Il y a aussi des femmes qui, après avoir fait carrière, se réveillent après 40 ans avec un désir d’enfant", analyse le professeur Corinne Hubinont, chef du service obstétrique aux Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL).

Ce type de grossesse n’est cependant pas sans risques. Puisque ces mères ont généralement eu recours aux techniques de procréation médicalement assisté (PMA), des problèmes liés aux grossesses multiples peuvent survenir, notamment les fausses couches ou des naissances prématurées.

"Il y a ensuite les complications maternelles liées à l’âge : après 45 ans, une femme a plus de risques de faire du diabète de grossesse ou de l’hypertension artérielle qu’une femme de 25 ans. Il y a aussi un plus fort taux d’AVC ou d’hémiplégie pendant la grossesse chez les femmes de plus de 45 ans", poursuit la professionnelle de santé. "Enfin, le taux de mortalité maternelle est bien plus élevé à partir d’un certain âge : pour une femme de 50 ans, il y a dix fois plus de risques de décès lié à la grossesse que pour une femme de 35 ans."

Ces grossesses tardives peuvent aussi poser problème après la naissance : devenir parent après 45 ans, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir accompagner son enfant dans la vie très longtemps.

De même, un parent de plus de 45 ans n’a peut-être pas la même énergie et patience pour élever un enfant. Enfin, l’énorme différence d’âge entre l’enfant et le parent (deux générations) peut parfois poser des problèmes de communication.

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Un bébé à plus de 10.000 €

"Après 45 ans, les chances d’avoir une ovulation de bonne qualité sont exceptionnelles", explique Corinne Hubinont des Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL). Les femmes qui veulent donner la vie doivent donc se tourner vers la procréation médicalement assistée (PMA). Puisque les centres de références belges refusent de procéder à des Fécondation in vitro chez des femmes de plus de 43 ans, de nombreuses femmes se tournent vers des pays où une telle pratique est autorisée, c’est-à-dire en Espagne, en Italie, dans les pays de l’Est ou encore aux États-Unis. "Les femmes achètent alors les ovules. Pour l’ensemble d’une fécondation in vitro en Espagne, il faut compter entre 10.000 et 20.000 euros."

Un montant qui n’est pas à la portée de toute les bourses.


Corinne Hubinont, chef du service obstétrique aux cliniques universitaires saint-luc (UCL): "Des grossesses contre-nature"

"On vit dans une société où on a trouvé pleins d’artifices pour paraître plus jeune : on contrôle mieux le poids, on sait faire disparaître les rides grâce au botox, cacher les cheveux gris grâce à la coloration. Malheureusement, l’organisme et l’utérus continuent de vieillir. Il faut se méfier de l’image véhiculée par ces stars qui ont des grossesses à un âge avancé et qui semblent très bien les vivre. Les grossesses après 45 ans sont contre-nature. C’est possible d’avoir un enfant tardivement mais seulement sous haute surveillance médicale car ces grossesses comportent de nombreux risques."