Les conséquences de l’alcool ne sont pas sans risque, troubles du sommeil, problèmes de concentration, prise de poids, amnésies chroniques, troubles de l’humeur, agressivité… Une consommation excessive d’alcool n’est pas sans conséquences physiques et psychologiques sur notre organisme. Avec les restrictions liées à la pandémie (réduction/absence de sorties, bulles sociales, gestes barrières, interdiction de voyager à l’étranger, télétravail…), un quart de la population belge a compensé ses frustrations en buvant plus d’alcool. Résultat des courses : ceux qui ne buvaient pas beaucoup d’alcool il y a un an et demi se sont mis à boire davantage et ceux qui buvaient déjà de manière conséquente ont glissé vers une consommation addictive et problématique. Des pentes glissantes qui ont été d’autant plus faciles à emprunter que, confinements obligent et faute de pouvoir sortir boire un verre, l’alcool a été massivement importé dans les foyers. Le rendant à portée de main et en accès libre tout au long de la journée. « L’alcool est une échappatoire facile et efficace en période de stress », indique Angélique Belmont, psychologue clinicienne. « Reste à voir si, avec le temps et la réhabilitation a priori à venir de nos libertés, la situation va rester problématique ou revenir à la normale », questionne la professionnelle.

Des questions… et des réponses

Ma consommation d’alcool est-elle normale ? Comment puis-je aider ma compagne/mon compagnon qui fait des excès au niveau de la boisson ? Quelles sont les recommandations internationales en matière de consommation d’alcool ? Le sevrage comporte-t-il des risques ? Quelles sont les étapes pour y arriver ? Qui consulter pour me sevrer ? Autant de questions auxquelles vous pourrez trouver des réponses sur le site : www.aide-alcool.be. Ce dernier se compose de trois parties, chacune correspondant à une aide particulière. « La première partie recense des articles et informations utiles liés à la consommation d’alcool – que ce soit la sienne mais aussi celle des autres -, ainsi qu’un test pour autoévaluer sa consommation personnelle », développe Angélique Belmont. « La deuxième partie propose un programme étalé sur 6 à 12 semaines pour suivre sa consommation d’alcool et son évolution pour diminuer voire arrêter. » Ce dispositif, géré en partenariat par deux institutions spécialisées dans la prévention, le traitement et la réduction des risques en matière d’assuétudes (le Centre ALFA à Liège et le Pélican à Bruxelles) est gratuit, anonyme et subventionné par le gouvernement belge. « Enfin, la troisième et dernière partie propose ce même programme mais avec, en plus, un accompagnement via des sessions en ligne (tchat sur rendez-vous) par un professionnel spécialisé dans les assuétudes. Il s’agit ici de psychologues cliniciens spécialisés, du Centre ALFA et du Pélican, expérimentés dans la prise en charge de l’alcoolisme et la télépratique », conclut Angélique Belmont.

Monsieur et Madame tout le monde

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, les marginaux ne sont pas les seules personnes concernées de nos jours par une consommation d’alcool importante. En effet, Monsieur et Madame tout le monde peuvent tout à fait être aussi touchés par ce phénomène. Ceux-ci sont bien intégrés, avec un travail et une famille, âgés entre 30 et 60 ans, et autant des hommes que des femmes.

En cas d’alcoolisme, les professionnels sont unanimes : si l’envie d’un sevrage est présente, il faut impérativement se faire accompagner par un médecin ou un professionnel de la santé. « Le sevrage d’alcool nécessite un suivi spécifique car il peut entraîner des symptômes légers allant de difficultés à dormir, des maux de ventre, des maux de tête à des effets plus graves tels que des hallucinations, des troubles du comportement, des crises d’épilepsie… Autant d’effets secondaires qui nécessitent un suivi médical », conclut notre interlocutrice. Vous l’aurez compris : aborder la diminution d’alcool implique un traitement adéquat ainsi qu’une surveillance médicale rapprochée. Autre point important : au plus tôt la prise en charge commence, au plus tôt le tir peut être rectifié et la consommation normalisée.

Quel que soit votre parcours, votre situation, votre questionnement, n’hésitez pas à consulter le site www.aide-alcool.be pour y trouver les réponses ou l’aide dont vous avez besoin.