Les maladies nosocomiales, en d'autres mots les infections contractées pendant le séjour à l'hôpital, c'est le hantise de nombreux patients. Un fléau qui fait tous les jours des victimes - plus que les accidents de la route - et contre lequel les structures hospitalières tentent de lutter au mieux, en mettant en place des mesures adéquates.

Pour la deuxième fois, l'Institut scientifique de santé publique (ISP) publie, ce vendredi, une synthèse des efforts fournis par les hôpitaux belges en matière de prévention des infections nosocomiales. Le rapport annuel "Indicateurs de qualité en hygiène hospitalière dans les hôpitaux aigus, données 2015 est accessible en ligne sur le site l'ISP. Il donne le score (à interpréter avec prudence, pour les raisons décrites ci-dessous) de chacun des 113 établissements hospitaliers ayant envoyé leurs données. Découvrez le score de votre hôpital dans le tableau en bas de l'article. Pour consulter le rapport en entier, cliquez sur ce lien.

Pour réaliser ce rapport, l'ISP a collecté dans 103 établissements de soins du pays, diverses données relatives à l'hygiène hospitalière. Les paramètres sont en lien avec l'organisation et les moyens que l'hôpital engage et les actions entreprises par celui-ci sur le plan de l'hygiène. Les indicateurs ont été définis par la Commission de Coordination de la politique antibiotique, sur avis de la Plateforme pour l'hygiène hospitalière, laquelle rassemble les représentants des médecins et infirmiers hygiénistes responsables de la prévention dans les hôpitaux.

Si, "en deux ans, des progrès importants ont été réalisés au niveau national par les équipes d'hygiénistes et les directions d'hôpitaux, souligne l'ISP, certaines faiblesses persistent et un contrôle externe des données fournies par les établissements serait nécessaire. Tout comme il conviendrait de prendre en compte d'autres indicateurs plus larges, comme l'usage prudent des antibiotiques en milieu hospitalier". Dans la mesure où les données n'abordent que quelques aspect de la problématique, les résultats doivent être pris avec réserve. Et cela, d'autant que "aucun contrôle de qualité externe n'ayant été effectué en Belgique sur les données analysées dans ce rapport, la fiabilité de ces résultats dépend exclusivement du soin mis par les hôpitaux à enregistrer les données correctes", souligne le rapport de l'ISP.

Certaines infections en régression, mais pas toutes…

Parmi les principaux points positifs à retenir, 70% des hôpitaux intègrent désormais un plan stratégique en hygiène hospitalière dans leur plan stratégique global, contre seulement 39% en 2013.

Pour ce qui est de la surveillance des infections aux soins intensifs, on est passé de 52 % des hôpitaux en 2013 à 68 % en 2015. Et pour la surveillance des infections de site opératoire, de 18 à 40 %.

Au niveau de l'hygiène des mains, on constate une amélioration du respect des recommandations et une forte diminution des infections à MRSA (staphylocoques dorés résistants à la méticilline): on est passé de 3 cas sur 1000 admissions en 2003 (3,3/1000 exactement) à un cas sur 1000 en 2015 (0,9/1000). Si à Bruxelles et en Flandre, on enregistre 0,6 cas, la Wallonie, elle, se situe à 1,5 cas. Par contre, l'incidence des septicémies sur cathéter central n'a pas diminué entre 2013 et 2015.

Pour sa part, Test-Achats n'a pas manqué de réagir à ce rapport, regrettant qu'aucun effort n'a été fait pour développer un instrument de comparaison qui soit pertinent pour le consommateur. L'organisation déplore également le fait que "ce rapport ne reflète que l'évolution positive globale de la bactérie MRSA alors que d'autres germes résistants sont en constante progression, comme les entérocoques résistants et les entérobactéries". "L'ensemble des indicateurs doivent être plus pertinents et plus exhaustifs", estime encore Test-Achats.


Liste nominative des hôpitaux et scores , données 2015

Attention: les scores ne concernent qu’un nombre limité d’indicateurs en hygiène hospitalière et ne peuvent en aucune façon être assimilés à une mesure globale de la qualité à l’hôpital.

NB: en cas de regroupement d’hôpitaux (fusion), c’est le nom de la fusion qui est mentionné, et le code postal du site principal.

© rapport ISP