Depuis près d’un an, le coronavirus prend toute la place au point de nous faire oublier que les autres maladies n’ont pas disparu. Mercredi, l’ONE (Office de la naissance et de l’enfance) et Question Santé ont relayé les inquiétudes de différents médecins scolaires qui assistent depuis plusieurs mois à une diminution du nombre d’autorisations accordées par les parents pour faire vacciner leurs enfants à l’école.

“Il y a d’autres maladies que le covid, dont les conséquences peuvent être graves et qui circulent encore dans le monde et en Belgique. C’est le cas de la rougeole, la coqueluche, les oreillons, la diphtérie, le tétanos… Pour se protéger contre ces maladies, des vaccins sont recommandés à des âgés clés principalement pendant l’enfance et l’adolescence”, rappelle l’ONE.

Les parents peuvent choisir de faire vacciner leurs enfants par le médecin traitant ou dans le cadre scolaire. Ces vaccinations se font uniquement sur base volontaire. Pour ce faire, un document d’autorisation de vaccination est transmis aux parents afin que ceux-ci donnent leur accord. Ce document indique précisément la maladie concernée par le vaccin et est indispensable pour recevoir la vaccination.

Depuis plusieurs mois, des médecins scolaires font part de leurs inquiétudes : les autorisations vaccinales remplies par les parents semblent moins nombreuses cette année que les années précédentes. “Nous avons été interpellés par plusieurs services tant à Bruxelles qu’en Wallonie. Plusieurs services ont constaté une forte baisse pour tous les vaccins”, explique le docteur Sophia Hall Prezado Alves.

Selon elle, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse. “Lorsqu’on distribue les autorisations de vaccins, le courrier est toujours accompagné d’une explication des maladies et la médecine scolaire va également dans les écoles pour donner des informations. Cette année, les services de médecin scolaire ont été très accaparés par le tracing et ont eu moins de temps à consacrer aux séances d’information sur les vaccins. Une autre explication possible est liée à l’absence de nombreux élèves pour cause de quarantaine ou de maladie. Il y a aussi des parents qui ont fait l’amalgame entre les vaccins habituels contre le covid, qui n’est pas indiqué pour les enfants à ce stade. Il est logique qu’ils aient donc refusé les vaccins. Notre crainte est que des parents oublient tout simplement de faire vacciner leurs enfants s’ils ne le font pas au moment préconisé par le calendrier. Le risque est d’arriver à une diminution de la couverture vaccinale. On a très peur de connaitre de la recrudescence de la rougeole. Ce n’est vraiment pas le moment de voir une nouvelle épidémie se déclarer !”, déplore la spécialiste.