Plus de sept médecins sur dix considèrent que le procès d'un cas d'euthanasie devant la cour d'assises de Gand est l'occasion d'exiger une évaluation de la législation en la matière, lit-on vendredi dans le Journal du Médecin.

Quelque 80% des 776 professionnels interrogés en ligne par la revue spécialisée estiment que cette affaire provoque une insécurité juridique pour le corps médical.

Trois quarts des répondants (564) sont néerlandophones. Un constat en ligne avec les 76% de documents d'enregistrement en néerlandais (pour 24% en français) recensés par la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en 2018.

Plus de la moitié des médecins craignent qu'à l'avenir leurs confrères ne soient plus disposés à donner un avis ou à réaliser une euthanasie lors d'une demande pour des souffrances psychiques dans une situation non terminale, à l'image de Tine Nys, euthanasiée en avril 2010. Pour quatre médecins sur cinq, le procès de Gand provoque ainsi une insécurité juridique pour le corps médical. Un sentiment d'insécurité voire d'anxiété qui s'étend aussi aux patients, selon trois quarts des sondés.

Plus de la moitié des personnes interrogées craignent dès lors qu'à l'avenir les médecins ne soient plus disposés à donner un avis ou à réaliser une euthanasie lors d'une demande pour des souffrances psychiques dans une situation non terminale. Pour un quart des répondants, cela n'aura en revanche pas d'influence.

L'euthanasie pour des souffrances somatiques en phase terminale fait, elle, beaucoup moins l'objet de discussions: plus de 80% des médecins pensent que leurs collègues continueront de prodiguer des conseils ou à pratiquer l'euthanasie.

Plus de sept médecins sur dix sont en tous les cas d'avis que le procès à Gand est l'occasion d'exiger une évaluation de la législation sur l'euthanasie. En effet, 47% sont circonspects quant au fonctionnement et à la composition de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie.

Il ressort encore de l'enquête que 46% des médecins sont favorables à l'élargissement de la réglementation actuelle aux personnes atteintes de démence, contre 43% qui y sont opposés. Ou encore qu'aux yeux de 56% des sondés, la législation en l'état sur l'euthanasie ne doit pas être réduite et les patients non-terminaux présentant des souffrances psychologiques ne devraient pas en être exclus.