Votre poignet vous fait souffrir ? Une étude de cas encourageante a été publiée en mars dernier par l’Institut coréen de pharmaco-acupuncture : une patiente de 55 ans, qui souffrait d’un syndrome du canal carpien résistant aux infiltrations, a vu ses douleurs disparaître en 3 séances. Cette nouvelle technique utilise – après avoir effectué une petite incision – une aiguille d’acupuncture à bout rond pour masser, sans les abîmer, les tissus au niveau du ligament du poignet et réduire la compression des nerfs. Les bémols : ce bon résultat doit être confirmé, et surtout, cette acupuncture ronde, courante en Corée du Sud, n’est pratiquement pas pratiquée chez nous.

Quand y avoir recours ?

Une fois que le généraliste ou le rhumatologue a établi le diagnostic du syndrome du canal carpien, (éventuellement via un électromyogramme), mieux vaut essayer l’acupuncture le plus tôt possible, lorsque les symptômes sont encore modérés. “De préférence avant les infiltrations, qui présentent des effets indésirables. L’idéal est de faire les séances en parallèle du port de l’attelle de repos nocturne : les études montrent de meilleurs résultats par rapport à l’attelle seule”, indique le Dr Olivier Goret, médecin acupuncteur. Il ne faut pas hésiter à programmer 2 à 3 séances dès la première semaine, même si on a très mal, car plus on attend, plus la compression s’aggrave. En revanche, l’acupuncture ne suffit pas pour les formes graves, lorsqu’il y a déjà une atrophie des muscles du pouce ou que l’on a du mal à bouger les 3 premiers doigts, ce qui révèle une atteinte motrice du nerf médian. “Dans ces cas-là, la chirurgie est la meilleure option pour libérer le nerf”, précise le spécialiste.

Comment ça se passe ?

L’acupuncteur pique au minimum les deux points les plus utilisés et laisse les aiguilles en place environ 20 minutes. S’il utilise l’électro-acupuncture (méthode choisie dans la moitié des études concluantes), il relie les aiguilles à un petit appareil pour les charger avec un courant électrique continu à basse fréquence, afin d’améliorer la stimulation nerveuse. Dans les deux cas, l’aiguille pénètre en profondeur sous la peau (à environ 8-11 mm), “mais on ne stimule jamais directement le nerf, on pique à côté pour ne pas risquer de l’endommager”, rassure le Dr Goret. On peut parfois ressentir comme une légère sensation de décharge électrique très supportable, irradiant vers la pulpe des doigts, qui s’estompe pendant la séance et disparaît ensuite.

Que peut-on vraiment en attendre ?

Plusieurs études montrent que le recours à l’acupuncture réduit les douleurs nocturnes au moins autant voire davantage que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que les engourdissements et la gêne dans les mouvements. “La douleur et les fourmillements diminuent au fil des séances, de manière progressive. D’après mon expérience auprès de plus de 1 000 personnes souffrant du syndrome du canal carpien, il y a une amélioration qui peut durer au moins 6 mois, voire une guérison, dans environ 60 % des cas. Plus on a pris le problème tôt, plus on a de chances de voir les symptômes disparaître complètement”, estime le Dr Goret.

Combien de séances faut-il prévoir ? Les protocoles validés comptent 8 à 15 séances (12 en moyenne), à raison de 2 à 3 fois par semaine, soit un traitement d’un mois à un mois et demi. “On ne peut pas juger de l’efficacité avant ce délai car les douleurs neurologiques sont longues à traiter”,

Où et comment agit l’acupuncture ?

Elle stimule des points situés le long fes fameux méridiens afin de rééquilibrer les énergies du corps. Le point 7MC, situé sur le pli du poignet entre les deux tendons fléchisseurs est toujours stimulé. Le point 6MC, situé 3 travers de doigt en dessous du premier, est très souvent ciblé en association. L’acupuncture réduit les engourdissements en améliorant l’influx nerveux sensitif au niveau du nerf médian du poignet. Elle diminue la pression mécanique des deux tendons fléchisseurs du poignet, généralement épaissis par l’inflammation et l’œdème, sur le nerf médian. Elle déclenche la sécrétion de substances antidouleur (endorphines) et anti-inflammatoires.