Santé Les nouveaux traitements ont un taux de réussite variant de 90 à 95 %.

Si vous apercevez des rubans verts accrochés aux vestes des passants, ce n’est pas pour annoncer Noël mais pour sensibiliser à l’hépatite à l’occasion de la Journée mondiale de cette pathologie.

Et plus particulièrement à l’hépatite C, la moins connue de toute la famille.

Pourtant, elle touche 170 millions de personnes dans le monde, dont près de 70.000 Belges. Chez nous, elle fait plus de victimes que le sida : 300 personnes en meurent chaque année.

Plus inquiétant , parmi ces 70.000 malades, la moitié n’a pas été diagnostiquée et ignore tout de son état. Il faut dire que l’hépatite C présente peu de symptômes. "On a besoin de campagnes de dépistage et d’information. Il ne faut pas attendre d’avoir une cirrhose ou un cancer du foie pour se faire soigner" alerte Muriel Colinet, présidente de l’Association des patients Chac (Carrefour hépatites - aide et contact). D’autant que les nouveaux traitements ont un taux de réussite variant de 90 à 95 %.

Un véritable bond en avant par rapport à ceux proposés aux malades il y a encore une dizaine d’années.

Marie-Paule Mainjot n’a pas eu la chance d’être soignée avec les nouveaux médicaments.

"J’ai été infectée en 1991 suite à une transfusion sanguine à l’hôpital. Mes enfants et mon mari ont été vaccinés contre l’hépatite B mais pour la C, il n’y avait rien à faire. Ni pour eux, ni pour moi. J’ai dû attendre 2004 pour suivre un traitement. J’avais une piqûre et un médicament à prendre deux fois par semaine pendant six mois. J’étais dans un état grippal constant. J’étais épuisée.

La première semaine était terrible avec des pics à 40°. La fin du traitement a aussi été difficile : j’ai dû me faire hospitaliser. Il était même question de tout arrêter. J’ai refusé. Il était hors de question d’avoir fait tout ça pour rien. Les premiers résultats étaient positifs. Il a fallu attendre six autres mois pour être sûre que j’étais complètement guérie. L’attente était interminable mais finalement, la bonne nouvelle est arrivée : j’étais débarrassée de cette sale maladie."

Aujourd’hui, les patients n’auront plus à suivre un traitement que pendant huit à douze semaines. "Le tout avec quasiment pas d’effets secondaires" assure Peter Michielsen, professeur d’hépatologie à l’hôpital universitaire d’Anvers.

Des prévisions envisagent même une éradication de la pathologie d’ici 10 à 15 ans. "Mais pour cela, il faut que les politiques fassent un effort. Le corps médical est prêt à relever le défi" affirme Peter Starkel, professeur en hépatologie à l’UCL-Saint Luc.