L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit vendredi espérer que la pandémie de Covid-19 dure moins longtemps que la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui en deux ans fit des dizaines de millions de morts.

"Nous espérons en terminer avec cette pandémie en moins de deux ans. Surtout si nous pouvons unir nos efforts (...) et en utilisant au maximum les outils disponibles et en espérant que nous pourrons avoir des outils supplémentaires comme les vaccins, je pense que nous pouvons y mettre un terme dans un délai plus court que la grippe de 1918", a affirmé le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

La fameuse "grippe espagnole" a décimé 50 millions de personnes de 1918 à 1920, lorsque la malnutrition et tuberculose rendaient d'autant plus fragile la population.

Et contrairement au virus Sars-Cov-2, à l'origine de la pandémie de Covid-19 qui a fait près de 795.000 morts dans le monde depuis que les premiers cas ont été signalés fin 2019 en Chine, la grippe espagnole avait particulièrement frappé les plus jeunes.

"Dans notre situation actuelle, (...) le virus a plus de chances de se propager. Il peut se déplacer rapidement parce que nous sommes davantage connectés maintenant", a souligné le chef de l'OMS.

"Nous avons donc un désavantage lié à la mondialisation (...) Mais nous avons l'avantage de disposer de meilleures technologies", a-t-il dit. "Et nous savons comment l'arrêter".

Il a également souligné qu'il était "essentiel" que les pays unissent leurs efforts et réitéré son appel à la "solidarité mondiale et à l'unité nationale".

La corruption entourant les équipements de protection, un "meurtre"

"Tout niveau de corruption est inacceptable et tout type de corruption est inacceptable. Cependant, la corruption liée aux EPI est, pour moi, en fait un meurtre", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, après avoir été interrogé par une journaliste sur les affaires de corruption en Afrique du Sud. "Si les travailleurs de la santé travaillent sans EPI, leurs vies sont en danger. Et cela met aussi en danger la vie des personnes qu'ils soignent. C'est donc criminel, et c'est un meurtre. Et il faut que cela cesse", a-t-il ajouté.

L'Afrique du Sud bénéficie d'un des meilleurs système de santé du continent mais les accusations de corruption dans la fourniture d'équipements de protection pour les soignants se sont récemment multipliées, écornant l'image du président sud-africain Cyril Ramaphosa. Le phénomène a pris un tour politique le mois dernier lorsque la presse a révélé les irrégularités qui entouraient l'attribution d'un contrat attribué au mari de la porte-parole du président, Khusela Diko, contrainte de se mettre en congé le temps de l'enquête. D'autres personnalités du Congrès national africain (ANC) au pouvoir ont depuis été éclaboussés dans d'autres affaires, dont son secrétaire général Ace Magashule. Tous ont clamé leur innocence.

Sommé de réagir, le chef de l'Etat a promis de traquer "les hyènes qui rôdent autour de proies blessées". De son côté, le gendarme de l'éthique publique en Afrique du Sud a indiqué début août enquêter sur plusieurs plaintes concernant des défaillances dans la gestion par l'Etat de la pandémie de Covid-19, notamment dans l'attribution de contrats d'équipements ou à des centres de quarantaine. En Afrique du Sud, près de 600.000 personnes ont été contaminées par le nouveau coronavirus selon l'OMS. Ce chiffre le place en 5e position dans le bilan mondial du nombre d'infections par pays.