Santé

Le nombre de femmes atteintes par le cancer du sein atteint son pic en Belgique, écrit mardi De Morgen sur la base des chiffres de l'Organisation mondiale de la santé de l'ONU (OMS). L'année dernière, les médecins ont diagnostiqué une tumeur chez plus de 188 femmes sur 100.000. Au total, 10.337 diagnostics ont été posés et 2.523 femmes sont décédées de la maladie. Ces chiffres élevés suscitent de l'inquiétude, commente le cancérologue Jacques De Grève (UZ Brussel). "Mais il faudra beaucoup d'efforts pour les faire baisser. Dans 15 à 25% des cas, il s'agit de cancers du sein héréditaires. Pour le reste, nous n'en connaissons pas la cause."

On sait déjà que les poitrines des femmes contiennent plusieurs agents cancérigènes. Des indications claires prouvent également que la pollution atmosphérique a un impact sur le développement des tumeurs.

Les experts montrent ainsi du doigt les émissions polluantes des voitures diesel. "Il est irresponsable qu'un produit nuisible comme le diesel soit meilleur marché que l'essence", ajoute le gynécologue Hendrik Cammu (Vrije Universiteit Brussel). "C'est en contradiction avec notre politique de santé."


Des chiffres "à relativiser", soutiennent des experts

Les chiffres "sont à relativiser", selon la Fondation contre le cancer et François Duhoux, oncologue médical aux cliniques universitaires Saint-Luc.

Pour Karin Rondia, directeur médical et scientifique de la Fondation contre le cancer, ce n'est pas un seul élément qui pourrait expliquer ce nombre élevé mais plutôt "une mosaïque de facteurs". Par rapport au diagnostic par exemple, elle pointe le phénomène de "surdiagnostic", "de plus en plus indubitable".

 L'hygiène de vie influence également ces données, avec des facteurs comme le tabac, le surpoids, le manque d'exercice physique et l'alcool. Quant au lien entre la pollution de l'air et le cancer du sein, l'experte est plus sceptique. "Dans des pays comme le nôtre, les femmes font aussi des enfants de plus en plus tard. Or ce type de cancer est plus fréquent chez les femmes qui ont peu d'enfants et plus tard", ajoute-t-elle. 

Selon les deux spécialistes, la Belgique ne se situe pas non plus "loin devant ses pays voisins", et ces chiffres sont donc "à relativiser". Enfin, Karin Rondia souligne la qualité des soins en Belgique, due notamment à la "reconnaissance de critères pour les cliniques du sein".