La perspective est effrayante au regard de ce qu’il s’est passé ces derniers mois : la deuxième vague tant redoutée, qui semble avoir pris son envol depuis deux semaines, pourrait avoir des conséquences bien pires que celles connues au plus fort de la première vague si des mesures restrictives fortes n’étaient pas prises dès aujourd’hui pour endiguer cette évolution néfaste.

Selon les chercheurs flamands Geert Molenberghs (KULeuven) et Kurt Barbe (VUB), le nombre de cas de contaminations devrait afficher une courbe exponentielle jusqu’au mois d’octobre au moins. Avec elle, la courbe des hospitalisations devrait également progresser dangereusement, au point d’arriver à son apogée en novembre.

Selon cette courbe, on frôlerait la barre des 10.000 personnes hospitalisées pour cause de coronavirus pour le début du mois de novembre. À titre de comparaison, le nombre maximum de personnes hospitalisées simultanément durant la première vague de l’épidémie avait été atteint le 6 avril, avec 5.759 personnes hospitalisées.


Au plus fort de l’épidémie, la barre des 300 décès quotidiens enregistrés était régulièrement atteinte. Selon les calculs réalisés par Kurt Barbe et Geert Molenberghs, le nombre de décès devrait exploser, notamment car les services hospitaliers seraient alors complètement saturés. “Les derniers chiffres concernant les hospitalisations publiées par Sciensano augmentent considérablement par rapport au modèle réalisé précédemment, souffle Kurt Barbe. Avec un facteur de contamination de 1,2 (NDLR : une personne souffrant du Covid en contaminerait 1,2 autour d’elle), j’ai bien peur que les données soient conformes aux attentes pessimistes qui ont été faites à la mi-mai.”

Et le scientifique de craindre que des reconfinements locaux – comme cela se passe dans plusieurs pays d’Europe – ne deviennent inévitables. “J’ai peur que les lockdowns locaux ne puissent pas être évités, confirme Kurt Barbe. C’est comme pour des feux de forêt difficiles à contrôler : la croissance exponentielle s’installe. C’est lent, donc les gens minimisent l’impact de cette croissance. Mais c’est typique d’un processus multiplicatif.”

Kurt Barbe espère toutefois qu’une prise de conscience permettra d’inverser la courbe. “Nous avons jusqu’au 31 juillet pour inverser la croissance, la stabilisation ne suffit pas.”