Un mal qui cogne d'un côté de la tête, une fois à gauche, puis une autre fois à droite… Inlassablement, irradiant jusqu'à la base de la nuque, ou derrière le globe oculaire… Pour se soulager, on presse des doigts les tempes. Une envie de vomir se fait sentir. La lumière, le bruit, la chaleur, les odeurs…tout cela devient insupportable. A se tirer une balle dans la tête pour en finir… Parfois, elle annonce ces signes avant-coureurs par des troubles de la vue, des bâillements… C'est la migraine. Et si ces symptômes n'ont plus de mystères pour les migraineux, cette pathologie semble demeurer pour beaucoup relativement méconnue, victime aussi de nombreuses idées fausses. Avec un impact non négligeable sur le parcours de soin pour les personnes qui en souffrent et qui, paradoxalement, rechignent à consulter.

C'est précisément pour cette raison qu'a lieu la 9e semaine de la migraine, qui se déroulera du 27 septembre au 2 octobre. Histoire de tordre le cou aux idées reçues qui circulent encore sur cette maladie pourtant fort répandue (de 10 à 20% de la population, selon les études). Dans ce cadre, un sondage réalisé par le groupe pharmaceutique GSK vient déconstruire les "mythes" liés à cette maladie neurologique du cerveau. D'après cette enquête menée par le bureau d’études Insites auprès de 1 000 personnes, 62% des répondants estiment en effet qu'il existe un manque général d'informations liées à la migraine. Entre autres idées reçues, le fait que 18% des Belges pensent que la migraine se caractérise uniquement par des maux de tête, alors qu'elle est fréquemment associée à des vertiges, des vomissements ou encore d'une forte sensibilité à la lumière.

La migraine peut être soulagée, pas guérie

Autre erreur régulièrement véhiculée: plus d'un Belge sur trois interrogé (36%) est persuadé que la migraine peut être guérie, alors qu'il n'en est rien, selon Gianni Franco, neurologue au CHU UCL Namur Dinant. "Nous sommes tous potentiellement migraineux, a expliqué le spécialiste lors de la présentation de la Semaine de la migraine. À l'instar de maladies comme le diabète ou l'épilepsie, la migraine peut être traitée et gérée efficacement mais il est impossible d'en guérir pleinement. Il existe toujours un risque qu'une crise revienne plus tard, même si certaines nouvelles avancées thérapeutiques permettent maintenant d'être soulagé sur le long terme. D'autre part, une mauvaise gestion de la prise de médicaments peut justement provoquer l'apparition de crises migraineuses."

Une autre rumeur encore très largement répandue est que cela ne concerne que les femmes : 10 % des Belges sondés en sont persuadés. La même proportion pense que ce n'est pas une maladie…

Si certaines de ces idées reçues n'ont pas de réelle incidence, d'autres en revanche peuvent avoir un impact non négligeable sur le parcours de soins d'une personne migraineuse, en particulier dans l'initiative de consulter un professionnel de la santé, font remarquer les auteurs de la campagne. En effet, d'après le sondage, 23% des personnes atteintes de migraine ont attendu plus d'un an après l'apparition des premiers symptômes avant de se rendre chez un professionnel (médecin généraliste, spécialiste, pharmacien). "Personnellement, j'ai attendu 20 ans et ma mère 60 ans", a témoigné Stéphanie, lors du lancement de la campagne de sensibilisation." Les mythes autour de la migraine font partie des causes qui retardent la visite chez un professionnel de la santé, provoquant un inconfort physique et mental inutile pour les patients", font remarquer les spécialistes.

Consulter pour mieux autogérer

Est-ce par ce que l'on n'en meurt pas, toujours est-il qu'une partie des personnes migraineuses (15 %) ne juge effectivement pas utile de consulter un professionnel de la santé, ne serait-ce que pour avoir un diagnostic officiel : 9% estiment même qu'un médecin généraliste, spécialiste ou un pharmacien n'est pas capable de les aider tandis que 10% disent savoir comment gérer leur migraine seuls.

Alors que certains, et particulièrement les plus jeunes (entre 26 et 35 ans), appréhendent la visite chez le professionnel, "la consultation peut se révéler essentielle dans le trajet de soin, plaide le Dr Franco. Bien que la migraine puisse être gérée de façon indépendante par les personnes qui en souffrent, il est important de consulter et d'en parler à un médecin ou un pharmacien afin d'être correctement informé et ainsi de bénéficier du bon diagnostic, des traitements médicamenteux et non médicamenteux les plus efficaces et de mieux autogérer sa propre maladie migraineuse".