Moins de cocaïne et davantage d'alcool consommés: telles sont quelques-unes des évolutions observées par l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, qui s'est penché sur l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les comportements de consommation de drogues en tous genres.

L'agence européenne, basée à Lisbonne, est dirigée par le Belge Alexis Goosdeel. Selon les conclusions provisoires de l'Observatoire, les premiers mois de pandémie en Europe ont plutôt fait baisser l'usage de drogues. Le confinement a empêché la plupart des occasions "sociales" d'en consommer, et a perturbé le marché, rendant certaines drogues moins disponibles.

Le constat est surtout marquant pour la cocaïne et la MDMA (ecstasy), avec l'arrêt soudain de toute la vie festive nocturne. L'analyse des eaux usées dans certaines villes semble confirmer cette baisse.

En revanche, on rapporte davantage de consommation d'alcool et d'usage de drogues sur prescription, ce qui pourrait être lié aux sentiments d'angoisse liés à la pandémie.

Quant au cannabis, les observateurs de l'agence dresse un tableau qui semble partir dans deux sens: les données disponibles laissent penser que les utilisateurs occasionnels ont moins consommé, tandis que les utilisateurs fréquents l'on fait davantage. Les recherches sur internet sur les méthodes de culture du cannabis et sur la vente ont augmenté.

Si les changements dans les modèles de consommation seront durables, nul ne le sait. Pour cela, il s'agira de continuer d'étudier le phénomène.

L'étude se basait sur des avis d'experts, l'apport d'associations spécialisées et une enquête en ligne auprès de plus de 10.000 personnes.