L'étude a été publiée dans la revue scientifique "Environmental Pollution". Les chercheurs ont croisé les données relatives aux concentrations quotidiennes de particules fines dans toute la Belgique à celles de l'Agence intermutualiste, qui regroupe les données de patients des mutualités belges.

C'est la première fois en Belgique qu'une étude est menée à si grande échelle sur l'influence de la pollution de l'air sur les thromboses, en se basant sur les banques de données de l'agence intermutualiste.

"Nous voyons que les médicaments anticoagulants sont davantage prescrits lors de pics de pollution de l'air et que le risque d'intervention chirurgicale augmente également", explique Tim Nawrot, professeur d'éco-épidémiologie aux universités de Hasselt et de Louvain. "Même lors d'une petite hausse des particules fines dans l'air, cela augmente. En cas de hausse de la concentration de particules fines de 10 microgrammes par mètre cube, le risque d'opération augmente de 2,7%, et la prescription de médicament augmente de 1,2%."

Cela semble, à première vue, être de faibles pourcentages mais l'impact est significatif, selon le chercheur. "La pollution moyenne pour les particules fines dont le diamètre est inférieur à 10 micromètre (un millième de millimètre, NDLR) se situe aux environs de 20 microgrammes par mètre cube d'air. Certains jours, quand on parle par exemple de smog, cela peut grimper à 60 ou 70 microgrammes. Les 10 microgrammes dont nous parlons représentent donc une augmentation très réaliste. Cela peut même certains jours représenter un risque beaucoup plus élevé."

Des règles plus strictes en matière de pollution atmosphérique devraient permettre de réduire les concentrations de particules fines, estime encore le chercheur. "Les normes européennes en la matière sont trop laxistes. Elles sont faciles à atteindre, même pour la vieille industrie d'Europe de l'est. Cela donne un faux sentiment de sécurité", conclut-il.