Aux risques pulmonaires, une étude belge ajoute les problèmes cardiovasculaires.

Une étude menée par le docteur Jean-François Argacha de l’UZ VUB montre que l’augmentation de certains polluants dans l’air peut jouer un rôle dans l’apparition de la forme d’infarctus la plus sévère (Stemi). Fait étonnant, ce risque accru est observé dès des seuils de pollution inférieurs aux normes de l’Union européenne.

Le Dr Argacha, cardiologue à l’UZ Jette, rappelle que la pollution de l’air cause chaque année 1,3 million de morts dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) la décrit comme l’une des principales causes évitables de mortalité.

Si le lien entre pollution de l’air et maladies pulmonaires est établi, le rapport avec les maladies cardiovasculaires est loin d’être aussi largement acquis. Pourtant, plusieurs études ont démontré que les pics de pollution pouvaient être associés à une augmentation des problèmes cardiovasculaires (AVC, l’insuffisance cardiaque). Désormais, l’étude belge fait le lien, pour la première fois, entre la pollution de l’air à court terme et le risque d’apparition d’infarctus graves.

Entre 2009 et 2013 , les chercheurs ont dénombré 11.428 hospitalisations pour Stemi en Belgique. En cause, les taux de particules fines (PM 2,5). Leur rôle est démontré dès des seuils très bas.

Même si les infarctus sont mieux soignés, ils n’en restent pas moins une des causes principales de mortalité. "Il est peut-être temps que l’Union européenne adopte les normes de l’OMS, plus anciennes, mais plus strictes", commente le médecin, dénonçant l’influence des lobbies.