Le dépistage prénatal non invasif est coûteux et ne permet pas de déceler toutes les anomalies génétiques.

Lors d’un congrès de médecins français qui s’est déroulé vendredi soir, des gynécologues ont émis une demande particulière : remplacer l’amniocentèse par une prise de sang pour le dépistage de la trisomie 21. Ils estiment que l’amniocentèse - à savoir la ponction du liquide amniotique - est fiable à seulement 85 % et que cela augmente le risque de fausse couche.

En Belgique, le dépistage prénatal non invasif (analyse de l’ADN du fœtus via le sang de la mère) existe depuis quelques années. La démarche est coûteuse (près de 450 euros) et ne suffit pas toujours à détecter toutes les anomalies chromosomiques.

Le professeur Frédéric Debiève, responsable de l’unité des grossesses à haut risque à Saint-Luc, précise que la prise de sang "ne remplace pas l’amniocentèse." Il s’explique : "L’amniocentèse est la seule méthode qui permet de voir les chromosomes en direct et en détail."

Mais avant d’avoir recours à ce prélèvement de liquide amniotique qui peut avoir un impact sur la grossesse (naissance prématurée, décès de l’enfant, infections…), il y a deux éléments qui sont pris en charge par les spécialistes. Tout d’abord, le triple test. Celui-ci consiste en une prise de sang afin de détecter le taux de HCG/PAPP, l’analyse des facteurs de risques (âge de la mère…) et la clarté nucale grâce à une échographie.

Si après évaluation de ces trois éléments on suspecte une trisomie, le médecin va alors demander le test prénatal non invasif. "Celui-ci est efficace à 99 %", poursuit le médecin. "Si le résultat n’est pas bon, on procédera à l’amniocentèse."

Pour lui, il ne faut surtout pas supprimer cette technique médicale. "Parfois, on tombe sur d’autres anomalies que la trisomie 21. À l’heure actuelle, même si l’amniocentèse comporte des risques et est parfois remise en question quant à son efficacité, cela reste l’unique test qui permet de découvrir ces anomalies."

Il est cependant confiant : "Dans quelques années et dans un futur proche, la prise de sang de la mère permettra certainement de déceler, avant la naissance, d’autres anomalies génétiques. Mais actuellement, ça n’est pas le cas, ce n’est pas encore clinique chez nous."