Santé Cette pratique de médecine chinoise aide à soulager les douleurs neuropathiques, douleurs inhérentes aux nerfs difficiles à soigner.

Au bout des pieds, 7 000 terminaisons. C’est la cartographie de la réflexologie plantaire, technique ancestrale qui est proposée aux personnes qui souffrent de douleurs neuropathiques. Sciatique, diabète, sclérose en plaques, effets secondaires de chimio­thérapies, de certaines chirurgies ou encore de la dialyse, les causes sont hélas nombreuses.

Pourquoi ça aide ?

La partie sensorielle du nerf est altérée, ce qui génère des sensations de brûlures, picotements, fourmillements, voire de décharge électrique ou coup de poignard. "La sensibilité du nerf est modifiée, il envoie alors de ‘mauvaises’informations au système nerveux, ce qui provoque des sensations anormales", explique le Dr Gérard Mick, neurologue.

Les fondements reposent sur la cartographie des "méridiens" du pied où une zone réflexe de la voûte plantaire correspond à une zone du corps. S’ils ne sont pas reconnus scientifiquement, masser les pieds est néanmoins intéressant en cas de douleurs neuropathiques. "Ce sont des douleurs difficiles à traiter par les traitements conven­tionnels, car elles concernent des modifications du fonction­nement du système nerveux, argumente le Dr Mick. Il existe des médicaments pour les soulager comme les antidépresseurs ou des anti-épileptiques, mais tous les patients n’y sont pas réceptifs." Nathalie Thouly, réflexologue certifiée, intervient au CHU de Clermont-Ferrand. Elle reconnaît qu’il n’y a pas de "preuves scien­tifiques avec des chiffres précis", mais elle constate "des preuves empiriques et une amélioration de l’état du patient".

Qui peut en tirer bénéfice ?

La réflexologie est accessible à tout le monde, adulte ou enfant. Au CHU de Bordeaux, des séances sont proposées aux patients du service de chirurgie colorectale et digestive depuis six ans, notamment pour les personnes "ayant des difficultés à reprendre un transit, anxieux ainsi qu’aux patients ayant des troubles du sommeil", relève Carine Desclaux-Balmont, cadre de santé du service. À Lyon, ce sont les personnes insuffisantes rénales prises en charge dans les centres de dialyse de l’association Aural. Les personnes après une chimiothérapie ou souffrant d’une sclérose en plaques ou diabétiques peuvent, elles aussi, être orientées vers des séances de réflexologie. Seule contre-indication : la phlébite.

Comment ça se passe ?

Alors qu’on est assis ou allongé, le réflexologue active les méridiens du pied en exerçant une pression précise sur les zones réflexes de la voûte plantaire. En cabinet, les séances durent environ une heure ; 20 à 30 min dans un établissement de soins. Comptez idéalement au moins une séance par semaine.

Que peut-on en attendre ?

"Le but est d’arriver à un niveau acceptable de douleurs", relativise Véronique Brun, cadre de santé dans les centres de dialyse lyonnais d’Aural. "Nos études montrent une baisse du ressenti de la douleur d’un point ou deux sur dix. Les patients prennent moins d’antalgiques et ils retrouvent de la souplesse aux pieds, ce qui induit une plus grande confiance dans la mobilité." Des résultats durables plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Pour le diabète, plusieurs études soulignent que la réflexologie plantaire réduit l’intensité des douleurs, et améliore la couleur de la peau.