Plusieurs experts belges sont persuadés que le retour des beaux jours et du printemps permettrait de davantage contrôler l'épidémie de coronavirus sur notre territoire. En effet, une météo clémente facilite l'aération des pièces et permet de pratiquer un maximum d'activités à l'extérieur plutôt que dans des espaces confinés, limitant ainsi les risques de propagation du Covid-19.

Toutefois, qui dit retour du printemps, dit retour du pollen. Et ce dernier pourrait avoir un impact négatif sur la transmission du virus. En effet, selon une étude menée par des scientifiques allemands et relayée par nos confrères de la VRT, la forte concentration en pollen dans l'air augmenterait le risque d'infection au Covid-19.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont recueilli des données auprès de 130 stations de surveillance du pollen dans 31 pays du monde, sur cinq continents différents. Dans les régions étudiées, ils ont également suivi l'évolution de l'épidémie de coronavirus et le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes. Dans chacune des zones analysées, le nombre d'infections a systématiquement varié en fonction de la quantité de pollen présente dans l'air.

"Les taux d'infection au Covid-19 ont augmenté après une concentration plus élevée en pollen au cours des jours précédents", expliquent les chercheurs. Plus précisément, une augmentation de 100 pollens par mètre cube d'air a entraîné une hausse moyenne de 4 % du taux d'infection.

Moins de substances antivirales

Selon les chercheurs, cette augmentation peut s'expliquer par le fait que l'exposition au pollen diminue la production de substances antivirales. Autrement dit, plus il y a de pollen dans l'air, moins notre organisme produit ces "anti-virus", et moins nous sommes donc protégés contre les différents virus qui circulent dans l'air.

Afin d'éviter le risque d'infection, les scientifiques préconisent aux personnes à risque de porter un masque buccal offrant une protection supplémentaire, tel qu'un masque FFP2, durant les épisodes de forte concentration en pollen, voire tout au long de la saison pollinique.

Pas encore d'observations similaires en Belgique

Interrogé sur la question, Yves Van Laethem a expliqué ne pas être en mesure de confirmer ou infirmer cette possibilité. "Plusieurs hypothèses de la sorte ont déjà été évoquées, comme par exemple la corrélation entre la fumée de cigarette et le risque d'infection au Covid-19. Mais ce ne sont que des hypothèses", a déclaré l'expert à Lalibre.be.

S'il n'a pas eu l'occasion de se pencher sur l'étude, Olivier Michel, responsable de la clinique d'immuno-allergologie du CHU Brugmann, confirme le sérieux du site sur lequel elle a été publiée (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States - PNAS). L'allergologue explique toutefois que d'autres recherches préalables ont démontré que l'exposition à des allergènes, tels que les poils de chat, peut réduire le risque de contracter le Covid-19. En effet, la présence de certains allergènes diminue l'expression des récepteurs du virus, et diminue ainsi le risque de contracter ces maladies. "Mais ici, les chercheurs se sont penchés sur une autre composante, donc les études ne se contredisent pas", détaille le médecin. 

Quoi qu'il en soit, de telles constations n'ont pas encore été observées en Belgique. En effet, selon Olivier Michel, la saison des pollens a déjà débuté sur notre territoire. "Du pollen est présent dans l'air depuis déjà fin janvier, début février. Pourtant, on n'a pas observé une hausse des cas significative depuis lors", précise-t-il.